Réouverture des salles à manger: encore des questions à éclaircir pour les RPA
Jean Houle
C’est une bouffée d’air frais pour les aînés en résidences privées alors que les salles à manger de ces établissements pourront rouvrir à compter de lundi.
Le menu est toutefois jugé incomplet, puisque des questions restent sans réponse.
«Certaines mesures semblent plus strictes que la dernière fois que nous étions en zone orange, l’automne passé», a constaté le directeur général de la Villa Beauvoir d’Alma, David Boily. «Je ne pense pas qu’on puisse recevoir autant de visiteurs qu’à l’automne.»
«Certains pensaient revoir tous les enfants, mais on y va par étape», a ajouté la présidente du conseil d’administration de l’Oasis des Bâtisseurs de Saint-Nazaire, Marie-Andrée Tremblay. «Les gens le comprennent.»
Ce qui est certain, c’est que jusqu’à nouvel ordre, les repas pris en solitaire dans les chambres n’ont plus lieu d’être. Les salles à manger pourront maintenant recevoir les résidents selon les consignes sanitaires déjà connues.
«Les groupes seront séparés en deux pour favoriser la distanciation», a précisé M. Boily, dont l’établissement compte un peu plus de 100 résidents.
Les aînés ont vécu très péniblement les derniers mois, avec la perte de contacts sociaux qui a affecté non seulement leur moral, mais aussi leur santé physique.
«Des gens mangeaient moins bien du fait qu’ils étaient seuls dans leur appartement», a affirmé Patrice St-Pierre, de la FADOQ Saguenay-Lac Saint-Jean. «Cette perte de contacts humains a été difficile.»
«On a vu des conditions se dégrader chez les gens», a acquiescé David Boily. «On a vu plus de chutes, par exemple, comme si le corps s’était atrophié en raison du manque de déplacements.»
«Moins on voit de gens, moins on a le goût d’en voir...», a renchéri la dirigeante de l’Oasis des bâtisseurs à Saint-Nazaire, au Lac-Saint-Jean. «Mais cette réouverture, c’est une bonne nouvelle.»
Mais qu’en est-il si un résident désire se rendre dans un restaurant avec un ou plusieurs membres de sa famille ?
«Je vois mal comment on pourrait le brimer dans ses droits quand la permission est accordée pour la population en général», a estimé Patrice St-Pierre.
Ceux qui exploitent une résidence privée sont moins d’accord.
«La bulle qui s’applique, c’est la bulle de l’Oasis», croit Marie-Andrée Tremblay.
«La vaccination n’est pas encore faite, et la moyenne d’âge ici est de 84 ans, donc un milieu très vulnérable», a fait valoir David Boily.
Des points à éclaircir donc, mais pour l’instant, le pas en avant est considéré comme un début de délivrance.
«Les repas en groupe, c’est déjà très bien!», a conclu Marie-Andrée Tremblay.