Encore deux ans pour l’enquête sur les fuites à l’UPAC

Photo portrait de Jean-Louis Fortin

Jean-Louis Fortin

2021-02-10T23:18:55Z
2021-02-11T03:36:29Z

L’enquête sur les fuites médiatiques à l’Unité permanente anticorruption (UPAC) est tellement complexe qu’elle devrait durer encore deux ans. 

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C’est ce qu’a affirmé devant un juge l’enquêteur Michel Doyon, du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), le 28 janvier dernier.

M. Doyon faisait le point sur cette enquête amorcée en octobre 2018, dans la foulée de la saga ayant mené notamment à l’arrestation en 2017 du député Guy Ouellette. 

Ses déclarations sont contenues dans une décision du juge François Dadour, de la Cour supérieure, rendue publique mercredi.

Le juge Dadour explique que selon Michel Doyon, « l’enquête Serment constitue une enquête d’une envergure et d’une complexité inégalée à ce jour au Québec ».

Les démarches auraient été ralenties par des procédures parallèles qui lui étaient liées dans d’autres dossiers judiciaires, comme celui de l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau. La COVID-19 aurait également joué un rôle.

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« L’enquête Serment porte sur l’instrumentalisation des médias par le biais de fuites d’information privilégiée émanant d’enquêtes complexes en matière de corruption », rappelle le juge. 

Elle porte aussi sur la gestion du « Projet A », lancé par l’ex-patron de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) Robert Lafrenière pour découvrir la source de fuites médiatiques.

C’est le Projet A qui avait conduit à l’arrestation de Guy Ouellette, d’abord soupçonné d’avoir joué un rôle dans les fuites médiatiques, mais qui n’a finalement jamais été accusé.

« Coupables d’aucune infraction »

Le témoignage de Michel Doyon et la décision du juge Dadour ont été produits dans un débat entourant la publication d’une série de déclarations totalisant près de 200 pages des policiers André Boulanger et Caroline Grenier-Lafontaine.

Ces deux ex-hauts gradés de l’UPAC font partie des personnes visées par le projet Serment, mais ne font à ce jour l’objet d’aucune accusation formelle. 

Ils ont produit ces déclarations pour réfuter les inconduites qui leur sont reprochées, au soutien d’une demande pour faire cesser l’enquête du BEI qui s’intéresse à eux.

Le juge Dadour a permis, mercredi, la publication d’une version lourdement caviardée de leurs arguments.

« Nous ne sommes coupables d’aucune infraction », affirment-ils notamment, en affirmant avoir été « diligents, consciencieux (et) professionnels » dans la manière dont ils faisaient leur travail à l’UPAC.

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