Enfin un déconfinement intelligent

François Legault
François Legault Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté

2021-02-03T10:00:00Z

Enfin ! Le gouvernement, timidement, mais réellement, a commencé à prendre au sérieux, hier, l’hypothèse d’un déconfinement intelligent. 

Il aurait pu aller plus loin, rouvrir davantage l’économie et les restaurants, et consentir à certains rassemblements. 

Mais réjouissons-nous : le principe est là. 

Nous changeons peut-être de paradigme. La question, depuis des mois, était simple : que fermer, demain, pour combattre la pandémie ? Le confinisme virait à la névrose. Et la population, quoi qu’on en dise, souffrait. Elle en souffrait terriblement.

La question, progressivement, se renverse : que rouvrir, demain, pour redonner de l’oxygène à nos vies ? On comprend que cela ne se fera pas d’un coup. Appelons ça le déconfinement étapiste. 

On comprend aussi qu’on ne saurait appliquer partout les mêmes règles, sans tenir compte des réalités régionales. Appelons ça les mesures sanitaires asymétriques.

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

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Legault

François Legault a su tenir tête à ceux qui rêvent de mettre le Québec sous une cloche de verre, comme si la vie ne pouvait reprendre que lorsque la COVID ne sera plus qu’un souvenir. 

Le confinement global n’est pas une décision exclusivement scientifique, mais politique, on l’oublie trop souvent. La situation dans les hôpitaux nous oblige encore à la plus grande prudence. Ne l’oublions pas.

Évidemment, tous ne sont pas d’accord. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Certains voulaient aller plus loin dans le déconfinement, d’autres auraient prolongé les mesures les plus strictes encore un mois au moins. 

Mais s’efface enfin le consensus obligé. 

Dans une démocratie normale, même en temps de crise, il est normal de diverger. 

Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), le chef du PQ, a ainsi plaidé pour l’ouverture des salles de sport dans le respect des règles sanitaires. Le gouvernement, heureusement, l’a entendu, du moins en partie, pour les zones orange. Il y a des limites à se condamner à une existence végétative, qui devient aliénante et étouffante. 

Mais on a trouvé certaines figures bien connues du personnel politique caquiste pour l’attaquer en lui reprochant de ne pas attendre paisiblement les recommandations de la Santé publique, et même « d’ordonner » des choses à cette dernière. 

La partisanerie pousse à la bêtise. On aurait envie de rappeler que la Santé publique peut errer, qu’elle a fait des erreurs, et qu’elle en fera encore. Surtout, surtout, on aimerait rappeler qu’elle ne saurait définir à elle seule les paramètres de notre vie collective. 

Il n’y a pas de vérité révélée, et la politique, en temps pandémique, demeure approximative. 

Progressivement, notre rapport aux autorités de la Santé publique changera. Leurs conseils sont essentiels, précieux : ils ne sont pas définitifs, et ne sauraient se substituer à la décision politique.

espoir

Il ne faut jamais oublier que la Santé publique, elle aussi, a ses biais. Qu’elle n’est pas étrangère aux dérives idéologiques. Qu’il lui arrive de rêver d’un environnement absolument aseptisé, bien au-delà de la présente pandémie. Et que nous ne sommes pas obligés de voir le monde avec ses yeux. 

Le gouvernement nous donne rendez-vous dans quelques semaines pour reparler du couvre-feu. On peut espérer de nouvelles étapes dans le déconfinement.

Rendez-vous au 22 février.

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