Engueulade Trump–Zelensky: consternation et solidarité avec l’Ukraine à Ottawa

Raphaël Pirro
L’engueulade hautement inhabituelle entre Donald Trump, son vice-président J.D. Vance et le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, vendredi, a suscité son lot de réactions à Ottawa, comme partout en Occident.
«La Russie a envahi illégalement et injustement l’Ukraine. Depuis trois ans, les Ukrainiens se battent avec courage et résilience», a déclaré le premier ministre sortant Justin Trudeau.
«Leur combat pour la démocratie, leur liberté et leur souveraineté nous concerne tous. Le Canada continuera à soutenir l’Ukraine et les Ukrainiens dans leur quête d’une paix juste et durable», a-t-il ajouté, sans faire référence à l’incident survenu cet après-midi à Washington.
Interrogée à chaud, la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly, depuis Vancouver, a elle aussi évité de critiquer ouvertement l’administration américaine.
«Nous croyons au soutien à l’Ukraine. Nous pensons que les Ukrainiens se battent pour leur propre liberté, mais aussi pour la nôtre. Et nous savons que le président Poutine n’a pas de lignes rouges», a-t-elle déclaré aux journalistes.
En l’absence d’une «bonne entente» et du soutien de ses alliés, l’Ukraine pourrait être victime d’une nouvelle escalade de l’agression par Vladimir Poutiine.
Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a fait part de son «indignation devant ce traitement d’un leader et de son peuple aux prises avec une guerre ignoble».
Il accuse l’administration Trump de «faire fi de la vérité, du respect, des valeurs fondatrices du monde libre et de la démocratie».
«On est en droit d’attendre davantage de décence du chef d’État le plus puissant au monde. Ses alliés habitués, interloqués, doivent développer une voix et une attitude commune qui éviteront les pires dommages et soutiendront ceux qui, comme le Québec, le Canada ou le Mexique, sont en négociation tendue, à coups de menaces», a-t-il ajouté.
Jagmeet Singh a réitéré que le Canada devrait interdire à Donald Trump de visiter le Canada dans le cadre du G7 qui se tiendra en Alberta en juin.
«Je préférerais me tenir aux côtés du président Zelensky n’importe quand, plutôt que d’inviter Donald Trump dans notre pays», a écrit le chef du NPD dans ses réseaux.
Les candidats à la succession de Justin Trudeau ont tous exprimé leur soutien à l’Ukraine de Zelensky, en prenant soin de ne pas nommer Donald Trump.
«Ne vous méprenez pas: l’Ukraine mène le combat pour la démocratie», a déclaré Chrystia Freeland. «Une paix juste et durable requiert que l’Ukraine soit à la table des négociations, et sa victoire renforcera la sécurité de nous tous.»
Dans X, elle a publié trois versions de son message: en anglais, en français et en ukrainien.
Mark Carney a déclaré que «la démocratie et la liberté valaient toujours la peine d’être défendues. Slava Ukraini.»
La députée libérale, Karina Gould, elle aussi dans la course, a déclaré que Volodymyr Zelensky serait le premier dirigeant étranger qu’elle inviterait au Canada.
Une porte-parole des conservateurs fédéraux a fait parvenir au Journal une déclaration de Pierre Poilievre datée de lundi dernier, dans laquelle il a condamné la guerre
«Les conservateurs de gros bon sens du Canada restent déterminés à fournir à l’Ukraine les armes dont elle a besoin», y affirmait l’aspirant premier ministre, ajoutant que l’Ukraine devrait être à la table des négociations pour la paix.