Vaccin au Canada: entre espoir et complexité

Agence QMI
Le gouvernement fédéral a annoncé lundi que près de 250 000 doses de vaccins allaient arriver d’ici la fin de l’année. Une lueur d’espoir, malgré toute la complexité que ça implique.
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Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu'une entente a été conclue avec Pfizer pour l'arrivée de ces doses «plus tôt».
De son côté, le major général Dany Fortin prépare l’arrivée et la distribution de ces doses. Une opération complexe en raison de la méthode de conservation.
«[Le vaccin de] Pfizer, sa plus grosse bête noire, c’est qu’il faut le conserver jusqu’à -70 degrés jusqu’à l’administration et on le dégèle un peu avant», a expliqué le microbiologiste Marc Hamilton.
Il croit que ce serait évidemment plus facile si le Canada recevait des doses du vaccin de Moderna qui se garde à -20 degrés Celsius et celui d’AstraZeneca qui se transporte à 4 degrés.
«On voit que Pfizer, comme c’est le premier, il y a quelques tests qu’il faut faire pour assurer la stabilité et la conservation de la température pendant le transport», a ajouté le spécialiste.

Les vaccins arrivent un an après la découverte de ce virus meurtrier. Certains s’inquiètent que les pharmaceutiques aient sauté des étapes.
Le microbiologiste croit que c’était ce qu’il fallait faire dans la circonstance.
«On est en mesure d’urgence et les tests qui ont été réalisés en termes d’innocuité sont concluants et sans risque. Il n’est pas trop tard, il faut commencer le plus rapidement possible si on veut avoir des résultats le plus rapidement possible», a plaidé le Dr Hamilton.
Un tiers des Canadiens prêts à se faire vacciner le plus tôt possible
Près d’un tiers des Canadiens se disent prêts à se faire vacciner contre la COVID-19 dès qu’il sera rendu disponible, alors qu’environ 10 % refusent catégoriquement de recevoir le vaccin, démontre un nouveau sondage.
La plus grande tranche de répondants (42 % en septembre, 47 % en novembre) au questionnaire de la Firme Abacus Data ont dit être disposés à recevoir le nouveau vaccin, mais qu’ils préfèrent attendre de voir ses effets avant l’injection.

Finalement, près de 15 % des gens ont indiqué qu’ils n’étaient pas certains de vouloir recevoir le vaccin, mais qu’ils étaient prêts à changer d’idée.
En tout et pour tout, 60 % des Canadiens partagent une certaine hésitation face au vaccin.
Parmi ceux-ci, la très grande majorité a pointé vers leur médecin de famille comme ayant le plus de chances de les convaincre de se laisser vacciner, suivi par l’Association médicale canadienne.
«Ce sondage démontre que l'effort idéal pour réduire l'hésitation à se faire vacciner passe par l’avis des médecins, le renforcement de la confiance envers les responsables de la santé publique et le rappel que les modes de vie qui manquent aux gens et le regain de confiance envers l’économie dépendent tous deux de l’éradication la plus rapide possible de cette pandémie, et que la vaccination en est une étape essentielle», a commenté Bruce Anderson, analyste pour Abacus.
Le sondage démontre par ailleurs que l’influence des amis et de la famille a un impact non négligeable sur la décision de se faire vacciner, surtout chez ceux qui ont indiqué qu’ils étaient prêts à recevoir le vaccin à condition d’attendre quelque temps avant de passer à l’acte.
Le sondage a été effectué entre le 26 novembre et le 1er décembre auprès de 1419 adultes canadiens.