Entre sobriété, amour et rénovation: Chloée Deblois amorce un nouveau chapitre
Alicia Bélanger-Bolduc
Chloée Deblois jouit d’une carrière pour le moins impressionnante. Humoriste, animatrice, chroniqueuse, joueuse de tours à Zénith, elle enchaîne les rôles avec aisance. Nouvellement propriétaire, elle a prévoit une année 2026 tout aussi chargée que la précédente. Elle s’allie notamment au Défi 28 jours à titre d’ambassadrice, un rôle qui fait écho à son parcours personnel.
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Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer dans le Défi 28 jours?
C’est eux qui m’ont approchée, au départ, pour voir si le projet pouvait m’intéresser, notamment parce que je représente un groupe d’âge plus jeune. Je fais aussi partie des gens qui ont arrêté de boire pour des raisons plus «légères». J’ai introduit la sobriété dans ma vie il y a un an, par curiosité, et j’ai rapidement constaté que ça me faisait beaucoup de bien. Le défi permet aussi d’amasser des fonds pour soutenir les personnes aux prises avec une dépendance. La Maison Jean Lapointe joue un rôle important en prévention, notamment dans les écoles, et cet aspect-là m’a vraiment interpellée.
Quelle est ta relation avec l’alcool aujourd’hui?
Il y a un peu plus d’un an, j’ai fait une rétrospective de mes dernières années et je me suis rendu compte que je perdais beaucoup de journées de congé à récupérer après avoir bu la veille. J’avais déjà arrêté de boire avant les tournages, et je me suis demandé pourquoi je ne m’offrirais pas la même énergie pendant mes congés. J’ai donc arrêté, d’abord pour voir si j’en étais capable. J’adore la bonne bouffe et le vin, donc ça surprend souvent les gens, maintenant, quand je les reçois sans qu’il y ait de bouteille sur la table. Quand tu annonces que tu ne bois plus, il y a parfois de l’incompréhension, voire de l’inquiétude. J’aimerais vraiment que ce stigmate disparaisse. Ça m’a aussi beaucoup aidée sur le plan de l’anxiété, et ç’a été beaucoup plus simple que je l’imaginais. En tant qu’ambassadrice, je ne suis pas du tout dans une posture moralisatrice.
Tu rejoins en effet un public plus jeune. Penses-tu que le Défi 28 jours peut avoir un impact auprès d’eux?
Les premiers excès arrivent souvent vers 15 ou 16 ans, quand on ne sait pas encore boire. La prévention est donc essentielle. Cela dit, je remarque chez mes nièces et les plus jeunes autour de moi qu’ils consomment moins qu’à mon époque. Il y a déjà un changement de mentalité. Ils sont plus sensibles aux enjeux liés à l’alcool et à la sécurité, comme les textos au volant. Il faut ouvrir le dialogue et se demander, par exemple, si boire une bouteille de vin est réellement mieux que fumer un joint. Tout est une question de modération, de connaissance de soi et de respect de ses limites.
Tu es une grande amoureuse de la nourriture. Ton rapport à la cuisine a-t-il changé, sans alcool à table?
J’aime recevoir autant qu’avant. Je mets simplement une belle bouteille de kombucha ou de mousseux sans alcool au centre de la table maintenant! (rires) Mon ancien copain était un vrai chef, c’est lui qui m’a transmis l’amour de la cuisine. J’ai appris à préférer recevoir à la maison plutôt que d’aller au restaurant. J’aime le côté réconfortant que ça apporte; c’est vraiment mon langage de l’amour. Je ne me suis jamais mis de budget pour la nourriture. Même à l’université, quand l’argent était plus serré, je me permettais quand même de petits plaisirs chaque semaine.
Le Défi 28 jours touche aussi à la santé, un sujet qui te concerne personnellement. Est-ce que ça t’a rendue hypervigilante sur cet aspect?
Absolument. J’ai perdu ma mère d’un cancer quand j’avais 18 ans. Ça n’a aucun lien direct avec l’alcool, mais elle faisait tout comme il le faut et elle est quand même tombée malade. Lors de son diagnostic, elle avait mon âge, et ça m’a profondément marquée. Aujourd’hui, je veux mettre toutes les chances de mon côté et ne pas avoir de regrets face à mes choix de vie. Je suis dans une phase où je prends des décisions simples et actives pour ma santé. J’ai 32 ans, je veux fonder une famille, voir mes enfants grandir et être en santé le plus longtemps possible. Je suis trop occupée pour perdre deux journées par mois clouée au lit, à boire du Gatorade. Penser à ma mère me donne envie d’avoir tous les outils possibles pour prendre soin de moi.
Tu as récemment acheté une maison avec ton copain. Comment se passe ce nouveau projet?
Ç’a été une longue lutte pour accéder à la propriété. J’ai économisé, j’ai été patiente et je me suis un peu éloignée de la ville pour acheter en Montérégie. Nous avons choisi une vieille maison de 1877 à rénover, une idée qui nous emballait beaucoup. Il y a énormément de travaux à faire, mais ça ne me stresse pas, au contraire. Mon rêve a toujours été d’avoir une maison, parce que j’adore être chez moi et prendre soin de mes choses. C’est une étape très importante et je me sens vraiment heureuse et épanouie.
Continueras-tu de recevoir, même pendant les rénovations, notamment à Noël?
C’est certain! Avant, je voulais que tout soit parfait avant d’inviter des gens. Ma maison prendra des années avant d’être complètement à mon goût. Aujourd’hui, j’accueille l’imperfection. Je veux que les gens s’installent sur mon divan sans avoir peur de le tacher. J’ai envie de collectionner les doudous et les tasses dépareillées. Les projets ne m’empêcheront jamais de recevoir ceux que j’aime.
Comment va ta relation avec ton conjoint, l’acteur Maxime Cournoyer?
Ça fait un peu plus d’un an qu’on est ensemble. Tout est allé assez vite, mais ça va très bien. On se complète à 100% dans nos projets de vie. Je n’en dirai pas plus, non pas pour cacher quoi que ce soit, mais parce que je me garde désormais une certaine pudeur. Avant, j’étais un livre ouvert, mais ma vision a changé récemment.
La notoriété rapide t’a-t-elle amenée à revoir ton rapport à la visibilité?
À mes débuts, je vloguais absolument tout: ma famille, mon chum, mes repas. Aujourd’hui, je cherche un équilibre entre rester accessible et protéger les gens autour de moi, qui n’ont pas choisi d’être exposés. J’aime avoir le contrôle sur ce que je partage. Récemment, même si je vivais de très beaux moments, comme l’achat de ma maison, je me demandais si c’était approprié de les exposer dans le contexte actuel. J’ai finalement demandé à mes abonnés s’ils voulaient suivre ce processus, et la réponse a été très claire. Ma communauté a grandi rapidement, et je reste sensible aux commentaires de gens qui ne comprennent pas toujours mon humour au second degré. Je cherche donc constamment cet équilibre entre vie publique et vie privée.

Avec ton style d’humour particulier, te sens-tu parfois sous-estimée?
Oui, je pense que c’est le bon mot. Je choisis de ne pas me prononcer sur les grands enjeux et de rester dans la légèreté. Je ne cherche pas la confrontation. Certains peuvent trouver ça superficiel, mais pour moi, le second degré est aussi une façon de critiquer. Les commentaires plus durs viennent souvent de gens qui me connaissent moins.
Tes projets sont très variés. Sens-tu qu’on te fait confiance pour explorer plusieurs univers?
Au début, ce côté éclectique me complexait. Aujourd’hui, j’y vois une force. Je pense même que c’est ce qui me permettra de durer. Je suis une touche-à-tout: experte en rien, mais profondément curieuse. Je peux être très vulnérable dans un podcast, parler des épreuves de ma vie, puis le lendemain, faire des niaiseries sans avoir peur du ridicule. J’ai plusieurs facettes et je les assume, tout en ayant envie de montrer davantage mon côté posé et sérieux.

Qu’est-ce qui attirait la jeune Chloée dans ce milieu, au départ?
Je voulais devenir animatrice. J’aimais l’idée d’avoir un micro, mais surtout de mettre les autres en lumière. Pour moi, l’animation, c’est rester curieuse et valoriser son invité. J’admire autant le star-système que les gens ordinaires. Aujourd’hui, j’écris, je suis très à l’aise derrière la caméra et je développe plusieurs compétences. Ça me rend plus confiante quant à mon avenir dans le métier. Pour durer, je crois qu’il faut maîtriser plusieurs sphères.
Qu’est-ce qui t’attend en 2026?
Je retourne faire mes niaiseries à Zénith cet hiver, ce qui me rend très heureuse. Je continue aussi les remplacements à la radio, un médium que j’adore. J’ai écrit mon premier roman, un projet à la fois excitant et insécurisant. Ce sera un récit autobiographique composé de tranches de vie, à la fois drôle et profond. Je suis aussi en pleine rénovation à la maison et, surtout, j’ai envie de prendre davantage de temps pour mes proches. J’ai énormément travaillé ces dernières années et j’ai négligé le volet social. C’est un équilibre que je veux retrouver.