Entrevue | Aswell: l’ascension de la nouvelle étoile du rap québécois


Cédric Bélanger
Adolescent, Louis Lussier, alias Aswell, aimait composer des poèmes et il écoutait beaucoup de musique québécoise. « J’ai toujours eu une attirance pour la langue française et j’ai toujours aimé écrire. »
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Sa diète musicale à l’époque ? « Jean Leloup, Les Colocs, Beau Dommage, Paul Piché et les Cowboys Fringants. Comment passer à côté ? »
Un jour, son grand frère lui a montré une vidéo d’une compétition WordUP ! Battles. Un déclic se produit.
« Les combats de mots, c’est ce qui m’a mené au rap. En secondaire 2, j’ai commencé à mettre des beats que je prenais sur YouTube sur mes poèmes. De fil en aiguille, j’ai enregistré ma première chanson à 14 ans et avec des gars de mon école, à Saint-Bruno, nous avons formé un collectif qui s’appelait La Collection. »
Mars 2026 : Louis Lussier, ou plutôt Aswell, est maintenant l’une des étoiles montantes du rap queb. Il vient de sortir un second album, Berger, qui succède à un premier (Banlieue, en 2024) rempli de chansons qui ont accumulé des millions d’écoutes en ligne.

« Le sentiment qui est préconisé dans cet album, c’est celui d’avoir réussi. On l’a fait », dit-il.
Gerry
Ses amours musicales d’enfance restent présentes. Dès le premier titre, Bateau, on reconnaît un extrait de la chanson Un beau grand bateau ainsi que la voix du regretté Gerry Boulet.

Cette inclusion dans un album rap peut paraître surprenante, mais pas pour les admirateurs d’Aswell.
« Quand on jouait dans les festivals, on terminait toujours avec cette chanson. On sortait de scène, on revenait pour saluer le public et on ouvrait une bière. Cette chanson jouait parce que c’est celle où Gerry remercie ses admirateurs à la fin de sa vie », raconte Aswell, qui a obtenu les droits pour l’utiliser sur son album.
Chanter avec Loud
Une autre preuve de la réputation que s’est rapidement forgée Aswell dans le milieu rap queb surgit à la deuxième chanson. Loud fournit quelques lignes sur Backstage.
Pour un type qui a grandi en écoutant Loud Lary Ajust et ses albums solos, Loud n’est pas Dieu le Père, mais presque.
« On vient de tourner le vidéoclip et j’ai passé la journée avec lui. C’est surréel. C’est comme une boucle qui s’est bouclée. Je l’ai écouté, j’allais voir ses spectacles et c’est un gars qui s’est rendu au plus haut niveau dans le rap au Québec. »
Inspirer les jeunes
Son admiration pour Loud refait même surface quand on lui demande s’il vise à conquérir la France.
« C’est un objectif, c’est sûr, mais la priorité est de continuer de développer le Québec, d’être dans les têtes d’affiche des festivals, de faire ma marque. Je veux être ce que Loud Lary Ajust a été pour moi. »
Autrement dit, une inspiration pour les jeunes. « On m’a déjà dit : “Mes enfants écoutent juste un artiste québécois et c’est toi.” Je trouve ça valorisant. Peut-être qu’après, ils vont écouter d’autres artistes québécois. »
Berger, nouvel album d’Aswell, est disponible sur toutes les plateformes.
En concert au MTelus de Montréal le 10 avril et à l’Impérial Bell de Québec le 18 avril.