Étude américaine: les jeunes adultes peuvent mourir de la COVID-19

Le risque est faible, mais bien réel selon une étude de l’université Havard

Les jeunes adultes ne doivent pas se sentir invulnérables devant la COVID-19.
Les jeunes adultes ne doivent pas se sentir invulnérables devant la COVID-19. Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Dominique Lelièvre

Dominique Lelièvre

2020-09-12T01:27:21Z
2020-09-12T12:31:30Z

La COVID-19 est une maladie qui peut être fatale à tous les âges, y compris chez les jeunes adultes, bien que dans une proportion beaucoup plus faible, prévient une étude américaine.

Les chercheurs de l’université Havard ont recensé les dossiers médicaux de 63 103 adultes de tous les âges atteints du nouveau coronavirus qui ont été admis d’avril à juin dans 419 hôpitaux américains.

Parmi eux, ils se sont intéressés à 3222 individus, soit 5 % de tous les adultes hospitalisés, qui avaient entre 18 et 34 ans.

21 % de ces jeunes adultes hospitalisés ont dû recevoir des soins intensifs, 10 % avaient du mal à respirer au point où ils ont dû être placés sous ventilation mécanique, et 2,7 % ont malheureusement succombé à la maladie.

Pour les scientifiques, ce sont là des «taux importants», qu’il faut cependant mettre en contexte. L’étude est l’une des rares à s’intéresser à la trajectoire clinique des jeunes adultes touchés par le nouveau coronavirus.

Facteurs de risque

«Ce n’est pas un grand nombre si l’on compare avec tous ceux qui attrapent l’infection, mais un nombre “fini” de jeunes adultes vivront de graves conséquences de cette maladie», a nuancé l’un des auteurs de l’étude et professeur de médecine à Harvard, le Dr Scott D. Solomon, dans une entrevue avec le New York Times

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L’obésité morbide (25 %), l’hypertension (16 %) et le diabète (18 %) étaient des problèmes communs parmi les patients étudiés et augmentaient les chances de conséquences regrettables.

Ceux qui avaient plus d’un de ces problèmes de santé avaient un risque de tomber gravement malades comparable à celui des adultes âgés de 35 à 64 ans en parfaite santé.

Bien que les jeunes gens ayant des problèmes de santé chroniques soient plus à risque, on voit aussi des patients sans vulnérabilité apparente devenir très malades, a mentionné le Dr Solomon au Times. 

Une part de hasard

«Il y a des facteurs que nous ne comprenons pas qui mettent à risque les gens. Ils sont peut-être génétiques, ils sont peut-être environnementaux, c’est peut-être en lien avec d’autres virus auxquels nous avons été exposés dans nos vies. Il y a un caractère aléatoire dans cette maladie», a déclaré le professeur, en soulevant également que l’on sait peu de chose sur les effets à long terme de la maladie après la guérison.

Au Québec, les 20 à 29 ans représentent seulement 0,1% des décès de la COVID-19 enregistrés dans la province, alors qu’ils totalisent 14,8% des cas confirmés. Signalons que l’étude américaine s’intéressait au sort des jeunes adultes dont l’état a nécessité une hospitalisation.

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