Guerre en Ukraine: explosion des ventes de surplus militaires

Olivier Bourque | Le Journal de Montréal
Si la guerre fait grimper les actions boursières dans le secteur de la défense, elle a aussi un impact sur les ventes des magasins de surplus militaires, et une bonne partie de ce qui est acheté prend la direction de l’Ukraine.
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« Oui, c’est beaucoup relié à la guerre. J’ai eu une demande plus importante notamment pour les masques à gaz. Je dois d’ailleurs en commander à nouveau », assure Sakary Rin, gérant du magasin Camouflage Montréal, lors d’une entrevue avec Le Journal.
Lors des derniers jours, les ventes ont même augmenté de 20 % pour les produits en ligne ou en magasins. Et cette hausse vient surtout de la demande de clients qui veulent envoyer de l’équipement en Ukraine.
« La plupart ont des connaissances, des amis, de la famille là-bas. Ils veulent aider leurs proches, ils veulent savoir si on peut envoyer des vêtements là-bas. C’est quelque chose de nouveau pour nous », a affirmé M. Rin.

Les clients achètent de l’équipement militaire, des gants, des vêtements chauds et de camouflage.
« Il y a aussi une demande pour la nourriture, les rations militaires et aussi pour les casques de protection », explique-t-il.
Des vêtements pour les soldats
La même situation est observée à la Boutique militaire Québec, qui avait vu une hausse de ses ventes au début de la pandémie.
« J’ai eu plusieurs demandes pour des vêtements afin d’aider les soldats là-bas. On ne peut pas vendre de grosses quantités, je n’ai pas 500 bottes en magasin, mais on peut quand même accommoder », indique Sophie Beaupré, gérante du magasin.
D’autres clients, de tendance survivaliste, achètent davantage en vue d’une dégradation du conflit ukrainien en une troisième guerre mondiale.
« On avait vu cela pendant la pandémie, les gens voulaient se faire des réserves, on avait peur, car on ne savait pas ce qui s’en venait », dit-elle.
Demande pour les capsules d’iode
Tout comme en Europe, dans certains magasins de surplus militaires, de plus en plus de clients réclament des capsules d’iode, censées protéger la glande thyroïde en cas d’attaque nucléaire.
« On a eu ce genre de demande, mais on ne tient pas ce type de produits en magasin. Après le tremblement de terre au Japon, en 2011, on avait ressenti cette peur du nucléaire et encore là, on avait vu une hausse pour les capsules », explique-t-elle.
Ces surplus militaires sont aussi très populaires durant l’été, durant la période de camping. Encore là, les clients se procurent de la nourriture lyophilisée, des réchauds ou des capsules pour purifier l’eau.