Fact-check: le dernier débat présidentiel américain
AFP
Washington | Le président Donald Trump et son rival Joe Biden se sont opposés à propos de la pandémie de COVID-19, la guerre commerciale avec la Chine ou encore la question raciale aux États-Unis, lors de leur dernier débat avant les élections du 3 novembre.
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L’équipe de fact-checking de l’AFP fait le point.
Pandémie de COVID-19
Évoquant le coronavirus, Donald Trump a déclaré: « on s’attendait à 2,2 millions de morts, selon une modélisation (ndlr: de l’épidémie). Nous avons fermé la plus grande économie du monde afin de combattre cette horrible maladie ».
D’où vient ce chiffre?
Le chiffre de 2,2 millions de morts - que le président avait déjà précédemment cité pour défendre sa réponse sanitaire - vient d’un rapport du Comité de réponse à la COVID-19 de l’Imperial college. Ce chiffre correspond, selon ce rapport, au nombre total de morts que l’épidémie aurait pu faire aux États-Unis si absolument aucune mesure n’avait été prise.
Les États-Unis, comme d’autres pays, ont imposé des confinements et les Américains ont, à des dégrés variables, observé les mesures de distanciation sociale.
Selon l’université Johns Hopkins, la pandémie a fait plus de 223 000 morts dans le pays.
Joe Biden a lui lancé: « il y a maintenant 1 000 morts par jour. 1 000 morts par jour ».
Cela n’est pas totalement juste. Durant les mois passés, il y a effectivement eu de nombreux jours où le nombre de morts à dépassé le millier. Par exemple, un bilan de l’AFP établi à partir des données nationales et de celles de l’université Johns Hopkins montre que vendredi, 1 035 décès avaient été enregistrés en 24 heures.
Cependant les bilans varient d’un jour à l’autre. Sur les sept derniers jours ainsi les bilans étaient de 990, 854, 420, 509, 661, 796 et 1 103 décès, soit une moyenne de 762 morts par 24 heures.
Les relations avec la Chine
« La Chine paie, ils paient des milliards et des milliards de dollars », a affimé M. Trump, se référant apparemment à l’argent des droits de douane imposés à la Chine par son administration.
M. Biden a rétorqué que c’était « l’argent des contribuables » américains.
La réponse du candidat démocrate est exacte. Comme le relève le centre de politique fiscale de Urban-Brookings, une taxe douanière « est presque toujours payée directement par l’importateur (généralement une entreprise) et jamais par le pays exportateur ».
Parlant des relations commerciales américano-chinoises, M. Biden a affirmé à propos du président: « Il a provoqué une augmentation du déficit (commercial) avec la Chine, pas une baisse ».
Ce n’est pas exact. Le déficit commercial s’est monté à 344 milliards de dollars en 2019, après être monté à 418 milliards de dollars en 2018. Comparé à 2016, dernière année de l’administration Obama où le déficit était de 347 milliards de dollars, il a donc baissé.
Depuis le début de son mandat, la politique douanière du locataire de la Maison-Blanche a visé à réduire le déficit commercial et à mettre fin à ce qu’il qualifie de pratiques commerciales injustes.
Selon une trêve conclue le 15 juin 2020, la Chine s’est engagée à importer pendant deux ans au moins 200 milliards de biens américains, soit plus que le niveau de 2017.
La question raciale
Discutant de la question raciale, sujet brûlant aux États-Unis après la mort de plusieurs citoyens afro-américains tués par la police, M. Trump a accusé l’ancien vice-président démocrate d’avoir qualifié les hommes noirs de « super prédateurs » lorsqu’il était sénateur.
C’est faux. L’expression « super prédateurs » date d’une loi sur la criminalité coécrite par M. Biden. Mais c’est Hillary Clinton qui a utilisé cette formule en défendant ce texte.
Joe Biden a maintenu jeudi soir n’avoir pas utilisé cette expression. Devant le Sénat il avait cependant parlé de criminels « prédateurs » lors d’un discours en faveur de cette loi.