COVID-19 : Qui soigner?

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Photo portrait de Denise Bombardier

Denise Bombardier

2021-01-16T10:00:00Z

La COVID-19 fait des ravages. Nos hôpitaux sont en train de craquer. 

Des médecins épuisés crient au secours. Dans La Presse, certains intensivistes parlent à cœur ouvert.

Le docteur Michel de Marchie, de l’unité des soins intensifs de l’Hôpital juif, s’épuise depuis un an à soigner les covidés. Il ose nommer l’innommable : «Ces gens-là ne devraient pas venir à l’hôpital», dit-il à propos de ceux qui nient l’existence du virus et de ceux qui ne respectent aucune des directives gouvernementales.  

Le Québec est désormais sous couvre-feu et on parle du protocole de triage des malades. Autrement dit, qui soigne-t-on et qui laisse-t-on mourir?

Pendant ce temps, les complotistes qui nient l’existence de la COVID-19, les anti-masques et les anti-vaccins s’agitent et continuent de convaincre de nouveaux adeptes à leur cause délirante. 

Illuminés

Les Facebook, Twitter et autres réseaux sociaux viennent à peine de s’amender en bloquant les comptes de dizaines de milliers d’abonnés illuminés, Donald Trump au premier chef.

Or Trump a soufflé le chaud et le froid en encensant les «machos» sans masque et en maintenant une position ambiguë et ambivalente sur l’efficacité du vaccin. Il a attrapé le virus et contaminé des proches. Mais à titre de président des États-Unis, les grands médecins l’ont soigné. Son traitement-choc a coûté un million de dollars. Après quelques jours d’hospitalisation, il est retourné à la Maison-Blanche où on l’a vu retirer son masque.

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Les médecins sont tenus, en vertu du serment d’Hippocrate, de sauver la vie de tous leurs patients, même les plus récalcitrants. C’est donc dire que le cri du cœur de certains intensivistes doit nous interpeller.

Doit-on soigner un patient atteint de la COVID-19 qui nie son existence et a contaminé tous ceux qu’il a croisés? Doit-on soigner les anti-masques alors qu’ils n’ont de cesse de s’exposer publiquement sans égard pour les autres en criant à la violation de leur «libaarté» personnelle? En insultant aussi les «caves» et les «dictateurs» qui nous gouvernent. Cela jusqu’à ce qu’ils aient le souffle court, des migraines à leur arracher ce qui leur reste de cerveau et qu’ils débarquent dans une salle d’urgence. 

Il faut noter qu’à ce jour, sauf exception, même les plus endoctrinés, attachés à leur liberté, réclament d’être soignés.

Délire

Quant aux anti-vaccins, ils sont redoutables, car ils ont tendance à entraîner leurs enfants dans leur délire. 

Car le vaccin contre la COVID-19 n’est qu’un des vaccins dont ils se méfient. On retrouve ce type de gens dans toutes les classes sociales. Même parmi les travailleurs de la santé, même chez les enseignants. Ce sont des diffuseurs du virus.

Que des médecins posent la question de la sélection des patients atteints de COVID-19 démontre l’état de la santé publique. En partie à cause de ces activistes et des tricheurs. 

À quoi sert la Charte des droits et libertés en ce temps de peur et d’angoisse? Les porteurs de mort que sont les anti-vaccins, les anti-masques et les chantres d’un cataclysme universel ne doivent-ils pas rendre des comptes en assumant les conséquences de leurs croyances délirantes?

Doit-on les soigner s’ils attrapent la COVID-19? Doit-on restreindre leur liberté actuelle de circuler? Doit-on plutôt censurer leurs écrits?

Voilà le dilemme actuel au Québec, société qu’on croyait raisonnable. 

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