Figure montante dans les médias: Lambert Drainville se confie sur ses passions, ses défis et la vie après la politique

«Sucré givré», du lundi au mercredi 19h30 à TVA

Nathalie Slight

2026-02-04T11:00:00Z

Lambert Drainville s’impose comme une figure montante du paysage médiatique québécois, où il vulgarise la politique avec un ton accessible et décomplexé sur les réseaux sociaux. Fils de politicien, ayant lui-même travaillé en politique durant cinq ans, il collabore désormais à la nouvelle émission Sucré givré, apportant son regard unique sur l’univers politique.

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Lambert, as-tu toujours été intéressé par la politique?

Jeune, ma vie tournait autour du sport. J'ai joué au soccer jusqu'à l'université. Encore aujourd’hui, j’ai besoin de bouger, ça fait partie de mon équilibre. D’ailleurs, j'ai couru mon premier marathon cet été, 42 km. Une chance que ce n'était pas 43: je n’aurais pas fait un pas de plus! (rires) J’aime aussi beaucoup jouer au hockey, ça fait passer l’hiver plus vite. En ce qui a trait à la politique, j’ai commencé vers l’âge de 11 ans.

C’est assez jeune quand même!

En fait, le déclic s’est fait quand mon père (l’actuel ministre de l’Éducation, Bernard Drainville) a fait le saut en politique, en 2007. Découvrir les coulisses, rencontrer les gens comme Pauline Marois, André Boisclair, Nicolas Marceau, Jean-François Lisée, Pascal Bérubé. Ce que faisait mon père m’intéressait, parce que je faisais beaucoup de similitudes entre la politique et le sport: autant pour l’un que pour l’autre, on ne compte pas ses heures, on joue du coude et on n’a pas beaucoup de marge d'erreur.

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Tu as étudié en sciences politiques, paraît-il.

Exact. Et après ma graduation, j’ai travaillé pour le cabinet d’Yves-François Blanchet. Je montais des dossiers de recherche pour le caucus. Ç’a été une excellente école, puisque ça m’a permis d’éplucher des dossiers, de lire des projets de loi et de rédiger la position du parti sur telle ou telle proposition du gouvernement. Je devais aussi expliquer l'argumentaire que nous allions défendre.

Après avoir vu ton père évoluer en politique, est-ce que travailler dans ce domaine correspondait à tes attentes?

Non, pas vraiment. J’ai travaillé un an et demi pour le gouvernement fédéral à Ottawa et un peu plus de trois ans pour le gouvernement provincial à Québec. Durant ces cinq années, l’essentiel de ma vie tournait autour de la politique, ça m’habitait quasiment 24 heures sur 24.

Juste avant de quitter, tu étais attaché de presse de Lionel Carmant, ministre de la Santé et des Services sociaux. N’est-ce pas?

J’avais le sentiment du devoir accompli parce que j’œuvrais auprès de personnes en situation d'itinérance ou en situation de handicap, les jeunes de la DPJ et des citoyens aux prises avec des problèmes de santé mentale... Bref, les plus vulnérables de la société. Mais en même temps, c’était hautement éreintant, parce qu’il y a tant à faire! À un moment donné, j’ai ressenti le besoin de prendre une pause, je n’étais plus heureux.

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Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Comment le ministre Lionel Carmant a-t-il réagi?

Pour lui, l’humain passe avant la politique, alors il comprenait que j’avais besoin de prendre mes distances. J'ai arrêté de lire les journaux, j'ai arrêté d'écouter la radio, j’ai décroché complètement. Ces six semaines de pause m’ont permis d’amorcer une réflexion sur mon avenir en politique. J’ai finalement pris la décision de ne pas revenir au sein du gouvernement. Par contre, la politique m’intéressait toujours, mais j’avais envie d’explorer d’autres avenues.

Lesquelles?

J’ai été en relation avec la créatrice de contenu Livia Martin. En l’observant travailler, j’ai peu à peu compris comment fonctionnait ce milieu. Lorsque je travaillais en cabinet, j’ai remarqué que plusieurs citoyens s’intéressaient à la politique uniquement au moment des élections, mais que peu suivaient les nouvelles au quotidien. La population met en place des élus pour la représenter, mais ne suit pas ce qu’ils font durant les quatre années suivantes. Voilà pourquoi j’ai décidé de jaser politique sur les réseaux sociaux.

Comment ta famille a-t-elle accueilli ta réorientation de carrière?

Je ne vous cacherai pas que j’appréhendais ce moment, sachant que ça allait nécessiter un certain travail de «vente» auprès de mes parents. Mon père, Bernard, est en politique et ma mère, Martine, est productrice et réalisatrice à Québec. Les réseaux sociaux ne sont pas leurs médias de prédilection. Ce qu’ils avaient en tête, c'était les participants d’Occupation double ou les influenceurs qui vendent des trucs en ligne... J'ai donc préparé un beau document Word pour leur expliquer mon projet et déconstruire les mythes.

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Quand as-tu publié ta première capsule de vulgarisation politique sur le web?

En mars dernier. Ça ne fait donc pas tout à fait un an. Mon plan de match était d’ouvrir la conversation, d’aborder des sujets vraiment profonds, avec une très bonne rigueur, présentés dans un contexte léger et décomplexé. C’est fou comme les choses ont déboulé depuis quelques mois : j’ai, entre autres, collaboré avec Urbania, animé mon premier débat avec les candidats de la mairie municipale et je suis chroniqueur sur l’émission hivernale Sucré givré. À travers mes chroniques, je vais faire découvrir les humains que sont les politiciens et les politiciennes: un mandat que j’adore!

As-tu de l’aide pour préparer ta vidéo?

Ma sœur Rosalie travaille avec ma maman en production. Elle est ma meilleure amie, ma confidente et ma conseillère en matière de création de contenu. Rosalie m’apporte un regard extérieur, approuve chacune de mes vidéos, me pointe ce qui fonctionne et ce que je dois améliorer. Je ne pouvais pas choisir une meilleure année que 2025 pour lancer mon projet, parce que ça brasse en politique. J’ai en masse de stock à commenter... et j’ai bien l’impression que ça va se poursuivre en 2026!

Maintenant, la grande question: es-tu heureux?

Sur le plan professionnel, assurément. Sur le plan personnel, je me pose encore beaucoup de questions. Lorsqu’on est créateur de contenu, on peut travailler de partout. Je me demande donc si je ne devrais pas retourner vivre à Québec. J’ai quitté cette ville pour mes études, mais c’est à mon avis l’un des plus beaux endroits au monde. Je suis célibataire, mais j’aimerais, un jour, acheter une maison avec mon amoureuse et fonder une famille. Donc, vivre à Montréal ou à Québec? C’est à suivre.

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