Québec et Ottawa sont en bonne posture financière jusqu’ici

Anne Caroline Desplanques
Le gouvernement du Québec est en meilleure posture financière que toutes les autres provinces, malgré la pandémie.
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C’est ce qu’a fait savoir hier le directeur parlementaire du budget (DPB) fédéral, Yves Giroux.

Après avoir fait l’analyse des répercussions des importants programmes d’aide mis en place depuis le début de la crise sanitaire, son équipe en a conclu que le Québec dépensait à la hauteur de ses moyens, et même un peu moins qu’il le pourrait.
Le gouvernement Legault a donc actuellement de la marge de manœuvre pour baisser les impôts et les taxes ou accroître les dépenses, d’après le DPB.
« Si le Québec s’en sort relativement bien, c’est qu’il a pris des mesures depuis 10 ans pour réduire sa dette relative. Et avoir un bon niveau de dette quand arrive une crise comme celle qu’on vit, c’est fondamental », explique l’économiste Louis Lévesque, directeur général de Finance Montréal et ancien sous-ministre associé à Finances Canada, notamment.
Le directeur parlementaire du budget fédéral ajoute que le Québec a un niveau de taxation plus élevé qu’ailleurs, ce qui lui permet de financer adéquatement les services publics. La province peut aussi compter sur d’importants transferts fédéraux.
Situation temporaire
Néanmoins, M. Lévesque met en garde la province contre des politiques budgétaires dépensières, car « la croissance au Québec est inférieure à celle du reste du Canada ».
De plus, d’importantes hausses de dépenses sont à prévoir en santé et dans les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), compte tenu du vieillissement de la population, ajoute-t-il.
Du côté fédéral, malgré les critiques face à la tendance dépensière du gouvernement Trudeau, le DPB juge que les politiques budgétaires sont viables pour le moment.
Mais ceci suppose que les programmes de réponse à la pandémie soient temporaires et qu’aucun nouveau programme ne soit introduit, insiste M. Giroux.
Vers plus de dépenses
Or, cette hypothèse est peu probable considérant les promesses de dépenses faites dans le récent discours du trône, souligne M. Lévesque.
Si toutes ces promesses devaient se réaliser, surtout celles qui ont un caractère purement social et ne généreraient pas de croissance, M. Giroux prévient que les politiques budgétaires fédérales ne seraient plus viables.
La ministre des Finances, Chrystia Freeland, doit préciser ses plans dans une mise à jour économique qui sera déposée d’ici la fin du mois.