COVID-19 et menace sécuritaire: une rentrée particulière pour 12 millions d'élèves en France

AFP
12 millions d'élèves français ont effectué lundi dans un pays reconfiné une rentrée scolaire très particulière, entre vigilance sanitaire, sécuritaire, et hommage «émouvant» à l'enseignant assassiné Samuel Paty.
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À 11h00, élèves et professeurs se sont arrêtés pour une minute de silence en mémoire du professeur d'histoire décapité le 16 octobre par un jeune Tchétchène radicalisé, pour avoir montré en cours des caricatures de Mahomet.

«Cette minute de silence était très émouvante, mes élèves de Troisième (14 ans) étaient tous très respectueux et très touchés. Ils avaient besoin de ce temps de recueillement», a témoigné à l'AFP Benjamin Marol, professeur d'histoire-géographie dans un collège de Montreuil près de Paris.
«Nous n'étions en fait que deux dans la classe à avoir suivi réellement ce qui s'est passé pour Samuel Paty, c'était donc important de revenir sur les faits, tous ensemble, avant de clôturer la séquence par une minute de silence», a expliqué de son côté Salomé, une collégienne dans un collège parisien.

Le premier ministre français Jean Castex a rendu hommage à Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (région parisienne), dans le collège où il enseignait, en observant une minute de silence avec les élèves d'une classe de CM2.
Accompagné du ministre français de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, le premier ministre a insisté sur la nécessaire reconstruction collective et le rôle central des professeurs dans l'école de la République.
«Ici, Samuel Paty apprenait à chaque enfant de la République à devenir un citoyen libre. Pour lui, pour notre pays, nous continuerons. C'est notre honneur et notre devoir», a-t-il écrit sur Twitter.
Avec @JeanCASTEX à Conflans-Ste-Honorine pour échanger avec toute l’équipe du collège de Samuel Paty et les assurer du soutien de tout notre pays.
— Jean-Michel Blanquer (@jmblanquer) November 2, 2020
Et à l’école du Clos d’en Haut pour vivre la minute de silence avec les élèves. https://t.co/j16ltDUSfe
Contrairement au printemps, les écoles, collèges et lycées restent ouverts en France pendant la deuxième phase de confinement, destinée à freiner la «deuxième vague» de contamination au coronavirus dans le pays, où quelque 46 290 nouveaux cas ont été enregistrés dimanche, soit environ 10 000 de plus que la veille.
Les établissements sont cependant soumis à un protocole sanitaire renforcé, qui impose notamment le port du masque dès l'âge de six ans, alors que, jusqu'aux vacances de la Toussaint, il était seulement obligatoire à partir de onze ans.
Le président français Emmanuel Macron s'est adressé lundi matin à tous les élèves pour les assurer de son soutien en cette rentrée «difficile». «Vous qui reprenez le chemin de l'école, je pense à vous», a-t-il écrit dans un message sur les réseaux sociaux Snapchat, Instagram et Facebook.
«Je sais votre émotion après les attaques terroristes, dont l'une devant une école contre un enseignant», Samuel Paty, a-t-il ajouté.
Depuis, la France a connu une autre attaque dans une église à Nice (sud-est) et le plan de sécurité «vigipirate» a été porté au niveau «urgence attentat» sur l'ensemble du territoire. Des rondes et patrouilles de gendarmes et de policiers sont prévues dès lundi devant les 60 000 établissements scolaires du pays.
M. Macron a également évoqué «le virus». «Il faudra du temps, mais nous le surmonterons tous ensemble». «Je sais que le port du masque toute la journée est difficile. Mais plus nous ferons d'effort, plus vite nous retrouverons une vie normale», a-t-il ajouté.