Garland figé devant la menace Trumpienne


Normand Lester
En 2021, Mary Trump a suggéré que le procureur général Merrick Garland était un « idiot » pour ne pas avoir poursuivi son oncle pour l’émeute du Capitole. Garland mérite encore plus le qualificatif aujourd’hui.
Selon elle, il était « dangereux » de ne pas l’inculper pour l’insurrection du 6 janvier. J’ajouterais pour ne pas l’avoir fait aussi pour les multiples autres crimes qu’il a commis.
Mary Trump avait prédit : « Le problème est que c’est la dernière fois que cela va se produire - c’est littéralement notre dernière opportunité ». Elle avait probablement raison ! Voici pourquoi.
Une immunité de facto pour Trump
L'ancien juge, obsédé par l'équité et la neutralité, est incapable de contrer la menace que Trump fait peser sur la démocratie américaine. Garland, que Biden a nommé un jour après l’insurrection, a déclaré que sa priorité était de restaurer la réputation du ministère de la Justice en tant qu’organe apolitique.
Son indifférence apparente au sujet de l’émeute du Capitole est particulièrement troublante. Quand Biden a dit qu’il espérait que ceux qui défient les assignations à comparaître de la commission du 6 janvier soient poursuivis, le porte-parole de Garland a déclaré que le ministère « prendrait ses propres décisions indépendantes basées uniquement sur les faits et la loi ».
L’institutionnalisme juridique de Garland appliqué à Trump risque maintenant de s’effondrer comme un château de cartes. Ça pourrait même se retourner contre lui, Biden et les démocrates alors que les sondages indiquent qu’ils vont perdre leur mince majorité au sénat et à la chambre des représentants aux élections mi-mandats.
Les républicains aiguisent leurs couteaux
Le co-comploteur de Trump, Steve Bannon, a prédit sur Fox News vendredi que Garland et le directeur du FBI Wray perdraient leur poste dès que les républicains remporteraient la Chambre.Bannon venait d’être condamné à quatre mois de prison pour avoir défié son assignation à comparaître devant la commission du 6 janvier. On voulait le questionner sur ses efforts pour renverser les résultats des élections de 2020.
Et il y a la perquisition du FBI à Mar-a-Lago où Trump gardait illégalement des documents secrets, contrevenant à la loi sur l’espionnage.
L’agence Bloomberg rapporte que les procureurs estiment qu’il y a suffisamment de preuves pour accuser Trump d’obstruction. Mais, compte tenu de l’hésitation de Garland, ça ne fera pas avant les élections du 8 novembre. Et jamais après si les républicains l’emportent vu le chaos politique dans lequel le pays va être plongé.
Des sondages ont montré que la perquisition du FBI a renforcé la position de l’ancien président parmi les électeurs de droite.
Garland semble croire que la plupart des Américains, épuisés par les années Trump, accueillent favorablement sa neutralité et ses réticences. Il a tout à fait tort.
Garland est devenu l’homme de main involontaire l’ancien président sans foi ni loi. À cause de ses tergiversations juridiques, il a en quelque sorte « normalisé» le trumpisme qui se dirige vers une victoire en 2024.