Géants de l'alimentation: la fin des primes COVID pour les travailleurs essentiels?

Les grandes chaînes du secteur du détail sont extrêmement discrètes à ce sujet

Un IGA de Québec, en avril 2020. Durant ces premières semaines de la pandémie, une grande partie des travailleurs essentiels de l’industrie du commerce de détail ont reçu des « primes COVID-19 ». Elles semblent désormais en voie de disparition.
Un IGA de Québec, en avril 2020. Durant ces premières semaines de la pandémie, une grande partie des travailleurs essentiels de l’industrie du commerce de détail ont reçu des « primes COVID-19 ». Elles semblent désormais en voie de disparition. Photo Stevens LeBlanc
Photo portrait de Jean-Michel  Genois Gagnon

Jean-Michel Genois Gagnon

2021-03-10T05:00:00Z

Avec la relance de l’économie et le passage en zone orange de plusieurs régions, les primes COVID-19, les cartes-cadeaux ou les avantages financiers temporaires semblent aujourd’hui en voie de disparition pour les «travailleurs essentiels».

Parmi les géants de l’alimentation, Sobeys, qui possède l’enseigne IGA, a mis un terme à la prime salariale pour ses travailleurs au Québec le 8 février, soit lors de la reprise de l’ensemble des activités dans le commerce de détail. 

Le montant additionnel versé aux employés variait de «10 $ à 100 $ de plus par semaine». Ce programme était en place depuis le 25 décembre.

«Le 8 février dernier, le Québec a marqué un tournant favorable dans sa lutte contre la COVID-19 et a rouvert les portes des commerces de détail non essentiels. Considérant cela, nous avons mis fin à notre programme de prime de confinement temporaire au Québec» a indiqué dans un courriel transmis au Journal la porte-parole de la chaîne, Anne-Hélène Lavoie.

Cette dernière a précisé que Sobeys pourrait de nouveau réactiver son programme de prime si des régions du Québec se retrouvaient en « confinement généralisé mandaté par le gouvernement provincial ».

Chez Metro, les employés ont reçu le mois dernier des cartes-cadeaux d’un montant de 75 $, 150 $ ou 300 $ pour récompenser leur travail. La direction de l’enseigne québécoise n’a pas voulu dire, mardi, si d’autres initiatives similaires étaient dans les plans pour les prochains mois.

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«Nous ne souhaitons pas faire de commentaires dans ce dossier actuellement», a souligné la porte-parole, Geneviève Grégoire.

Rien chez Loblaw

Quant à Loblaw, propriétaire entre autres de Maxi et de Provigo, aucune prime, ou carte-cadeau, n’a été offerte aux employés ces dernières semaines. Une situation «déplorable», juge le syndicat des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC).

«Nous avons maintenu la pression et nous avons multiplié les demandes auprès de Loblaw. À la toute fin, c’est sa décision», a déploré la porte-parole, Roxane Larouche, qui estime que la chaîne a manqué une belle occasion de reconnaître la valeur de ses salariés. 

Mardi, la direction de Loblaw a préféré ne pas faire de commentaires.

Pour les prochains mois, les TUAC espèrent miser sur le renouvellement de certaines conventions collectives dans le secteur de l’alimentation afin d’améliorer les conditions de travail des employés.

Mme Larouche est d’avis que les primes COVID-19 auraient dû demeurer tout au long de la pandémie, alors que les géants de l’alimentation font des affaires d’or depuis un an.

En décembre, Walmart Canada a aussi versé une prime spéciale de 250 $ à ses travailleurs à temps plein et de 150 $ à ses salariés à temps partiel. La multinationale le fera-t-elle de nouveau, au cours des prochains mois?

La direction répond «examiner attentivement la situation» et «surveiller les développements dans les différentes régions».

Walmart affirme avoir investi 125 millions $ de plus dans différentes mesures pour soutenir ses travailleurs au Canada pendant la pandémie.

Le printemps dernier, plusieurs entreprises avaient offert temporairement un boni de 2 $ supplémentaires l’heure.

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