Google Maps et d'autres applications ne proposent toujours pas de prendre le REM déplorent des observateurs
Une association qui défend les droits des usagers du transport collectif croit que cela aurait dû être mieux planifié

Olivier Faucher
Si vous pensiez pouvoir utiliser Google Maps pour planifier vos déplacements avec le Réseau express métropolitain (REM), détrompez-vous, car cette option n’existe pas encore, une situation qui déçoit des observateurs.
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«Ce n’est pas comme si on ne le savait pas que le REM s’en venait. Ce n’est pas normal qu’on n’ait pas réussi à faire ce travail-là d’avance», se désole Sarah V. Doyon, directrice générale de Trajectoire Québec, une association défendant les droits des usagers des transports collectifs.
Au quatrième jour de sa mise en service, le REM est toujours absent d’importantes applications comme Google Maps, Chrono, qui est l’application mobile officielle de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), et en partie de Plans [application d’Apple].
Les usagers sont pourtant nombreux à «se fier sur ces outils» pour se coordonner avec les horaires des services de transport collectif, souligne Mme V. Doyon.
Actuellement, ils se voient proposer de pénibles trajets de plus d’une heure en empruntant divers bus et lignes de métro pour des déplacements qui ne prennent qu’une vingtaine de minutes en REM, a pu constater Le Journal.

«Je m’explique mal comment ça, on n’a pas réussi à être prêts au niveau des applications de trajets en même temps que l’ouverture du REM, déplore Mme V. Doyon. On a manqué une occasion de bien faire les choses au complet.»
Seule l’application québécoise Transit propose pour le moment de prendre le REM.
Son co-fondateur Sam Vermette a souligné que son équipe basée à Montréal avait l’avantage d’être bien informée sur l’avancée du projet et qu’elle a pu obtenir les données du REM le 11 juillet dernier.
Pas avant la semaine prochaine
CDPQ Infra, le promoteur du REM, a indiqué au Journal jeudi que son équipe d’opération travaillait à corriger la situation.
«Nous visons une intégration la semaine prochaine» des trajets du REM sur Google Maps et Chrono, a indiqué Marc-André Tremblay, conseiller en relations médias et communications.
Bruno Guglielminetti, consultant en communication numérique, indique que «ce n’est pas compliqué» pour des sociétés de transport d’intégrer rapidement leurs nouveaux services à des géants comme Google Maps, mais qu’il faut s’y prendre d’avance.
«Il y a un processus, et toutes les grandes sociétés de transport le connaissent, quand vient le temps de contacter les gens de Google et d’autres applications pour s’assurer d’arrimer leurs données.»
«Ils auraient pu voir ça d’avance arriver. D’autant plus que ce n’est pas un projet qui se monte en six mois», poursuit M. Guglielminetti.
L’ARTM est «désolée»
De son côté, l’ARTM indique que son application Chrono est développée avec les services de Google Maps, et qu’elle dépend donc de ce dernier pour offrir de prendre le REM à ses utilisateurs.
«La situation [devrait être] rétablie lundi à la fin des vacances de la construction, explique, désolé, Simon Charbonneau, directeur des affaires publiques. On est évidemment désolés de la situation.»
Actuellement, l’application Chrono affiche un message d’erreur à son ouverture pour signaler «l’absence temporaire des services du REM».
En attendant, le REM se prive de plusieurs usagers potentiels, croit M. Guglieminetti.
«Pour les touristes, c’est un incontournable. Sans présence sur Google Maps, ils ne verront jamais le REM.»
-Avec Anouk Lebel