Gosselin convient qu’il faudra négocier avec le gouvernement pour le financement de son métro

L’argent du provincial n’est pas acquis, admet le chef de Québec 21

Le candidat à la mairie de Québec, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, lors de la présentation de son projet de métro le 9 juin.
Le candidat à la mairie de Québec, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, lors de la présentation de son projet de métro le 9 juin. Photo d’archives, Stevens LeBlanc
Photo portrait de Taïeb Moalla

Taïeb Moalla

2021-09-21T21:32:14Z
2021-09-21T22:21:53Z

Convaincu que le gouvernement Legault financerait son projet de métro plutôt que le tramway s’il est élu à la tête de la Ville de Québec, Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, convient cependant qu’une négociation serait nécessaire.

«Je n’aurais jamais présenté un projet [de métro léger] le 9 juin dernier en sachant que le gouvernement du Québec ne financerait pas notre projet», a-t-il soutenu, mardi après-midi, lors d’un impromptu de presse précédant le conseil municipal. 

Selon lui, «le premier ministre [Legault] a été très clair là-dessus. Il dit que c’est un projet Ville. Il dit qu’ils seront partenaires. L’argent est budgété. Ça prend un projet de transport en commun à Québec, puis les citoyens vont décider le 7 novembre».  

Plus tard, au cours du même point de presse, M. Gosselin a toutefois admis, du bout des lèvres, qu’une «négociation» avec le gouvernement Legault serait nécessaire pour le financement de son projet évalué à 2,925 G$. «Le gouvernement n’ira pas à l’encontre de la volonté des citoyens, a-t-il insisté. La journée que je me fais élire à la mairie de Québec, je retourne voir le gouvernement du Québec pour signer une nouvelle entente. C’est certain.»  

Aux yeux de M. Gosselin, «l’argent budgété» inclut toutes les sommes réservées au tramway. Dans l’enveloppe, il y aurait donc non seulement le 1,8 G$ du Québec, mais aussi le 1,2 G$ fédéral, puisque c’est le gouvernement du Québec qui décide de ses priorités en matière de financement, a-t-il analysé.  

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Le 10 novembre 2020, soit il y a moins d’un an, le ministre des Transports François Bonnardel a pourtant affirmé «qu’il est hors de question d'étudier le métro, là, hors de question d'étudier le métro. Pour moi, le modèle lourd que la Ville propose est encore aujourd'hui le modèle adéquat pour la colonne vertébrale de ce projet».  

Mardi soir, Florence Plourde, attachée de presse du ministre Bonnardel, a réitéré que «le gouvernement du Québec ne commentera pas les différentes propositions émises par des candidats lors des élections municipales au Québec. Nous travaillerons avec l’administration en place au lendemain du 7 novembre!»    

«Ça n’arrivera jamais», dit Labeaume

Invité à commenter les propos de M. Gosselin, Régis Labeaume a affirmé que «ça n’arrivera jamais. C’est impossible. Le gouvernement a fait son choix. Il ne subventionnera pas un petit métro en haute ville qui ne fait pas de sens». 

Qualifiant le projet de métro de «foncièrement mauvais», le maire de Québec a raillé les «rêves» et les «fantasmes» de M. Gosselin qui ne se réaliseront «jamais». D’après lui, «le gouvernement a été très clair. Le projet, c’est le projet de tramway. C’est tout».  

Favorable au tramway, le chef de Démocratie Québec et candidat à la mairie, Jean Rousseau, a dit ne pas comprendre le raisonnement de M. Gosselin. «Un politicien qui dit ça, on ne vit pas sur la même planète. Ça ne fonctionne pas comme ça. C’est attaché [le financement]. Il y a des règles. Il y a des ententes», a-t-il déclaré. 

Selon lui, «le trajet actuel est un résultat de compromis où le gouvernement a exigé qu’on aille à D’Estimauville. Et là, tout d’un coup, on serait capable de renégocier ça en claquant des doigts? C’est complètement irréaliste. Je n’achète pas ça.» 

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