Gourde et la dernière mission
Il revient sur la fin de la rencontre ultime face au CH


Jean-François Chaumont
Yanni Gourde a marqué l’unique but du septième match contre les Islanders de New York. Il transportait le Lightning vers une deuxième finale d’affilée. Il n’oubliera jamais ce but gagnant, mais il gardera aussi en tête un autre jeu qu’on ne lit pas sur une feuille de pointage.
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On fait un retour au cinquième et dernier match de la finale contre le Canadien. Il reste 1 min 24 s en troisième période. Il y a une mise en jeu dans le territoire défensif de Tampa Bay. Le CH a retiré Carey Price pour un sixième patineur.
- Écoutez l'entrevue du joueur du Lightning de Tampa Bay, Yanni Gourde, avec Vincent Dessureault sur QUB Radio:
Dominique Ducharme fait confiance à Phillip Danault pour cette mise en jeu. Jon Cooper réplique par Gourde.
On redonne maintenant la parole au numéro 37 du Lightning.
« Pour le cinquième match contre le Canadien, j’étais sur la glace pour la dernière mise en jeu. Je me retrouvais contre Phillip Danault, un de mes grands chums. Pour moi, c’était juste wow ! C’était le fun de voir la confiance de Jon à ce moment dans le match. Il restait seulement 90 secondes [84 secondes] à jouer et c’était 1 à 0 seulement. »
« Je voulais absolument gagner cette mise en jeu. J’ai tout donné pour la gagner et j’ai réussi. Je sais que Phil voulait la gagner autant. J’ai eu de bonnes batailles contre Phil pendant cette finale. J’ai tellement de respect pour lui. C’est un grand compétiteur, un très bon joueur, un travaillant et un bon gars. Il est inspirant comme joueur et personne. »
Deux Tigres
Pour Gourde, c’était encore plus qu’une mise en jeu. C’était aussi un duel contre son ancien coéquipier des Tigres de Victoriaville et un ami de longue date.
« Je n’ai pas encore parlé à Phil depuis l’élimination, a dit Gourde lors d’une entrevue téléphonique samedi au Journal. Pour la poignée de main, je lui ai dit qu’il était vraiment un bon joueur et qu’il avait connu un beau parcours en séries. J’ai pris le temps de lui dire que j’étais fier de lui. C’était difficile comme contexte. Je voyais la tristesse dans ses yeux. Le Canadien a connu un beau parcours en séries. »
« Phil est mon grand chum. Je trouvais ça dommage pour lui. Mais je sais que la façon dont il joue, il aura une autre chance de jouer une finale de la Coupe Stanley. »
Un trio unique
Un entraîneur grondera un attaquant pour une présence plus longue qu’une minute. Pour le moment le plus crucial, Gourde n’a pas quitté la glace pour plus de deux minutes en fin de troisième période. Il a pris les deux dernières mises en jeu pour égrainer les 2 min 7 s qui restaient au cadran.
Blake Coleman a aussi joué 2 min 7 s en fin de match. Barclay Goodrow, l’autre membre de ce magnifique troisième trio, est resté encore plus longtemps avec 2 min 23 s. Goodrow a aussi bloqué des tirs de Shea Weber et de Jeff Petry en fin de match.
Après le match, Cooper n’a pas chicané ses trois attaquants pour leur interminable présence. Ça faisait partie de la stratégie. Il voulait finir la partie avec eux sur la glace. Et c’était le bon choix. Cooper a d’ailleurs parlé du courage de Goodrow, qui n’a pas hésité à se placer dans la ligne de feu contre Weber.
De Goodrow à Gourde
Tradition oblige, le capitaine Steven Stamkos a récupéré la coupe Stanley des mains du commissaire, Gary Bettman. Stamkos l’a ensuite donnée à Victor Hedman, qui, lui, l’a confiée à David Savard. Gourde a patienté quelques minutes avant d’avoir son tour de glace avec le trophée.
« Je ne regarde pas vraiment l’ordre, a-t-il répliqué. J’étais heureux de voir David parmi les premiers, c’était sa première conquête. Je ne sais pas si j’étais le 8e, le 9e ou le 15e... Quand j’ai la chance de prendre la coupe, je suis juste heureux et excité. C’est Barclay qui m’a donné la coupe. Je lui avais dit de la garder dans les airs puisque je venais de bloquer un tir et que j’avais vraiment mal à un bras. Je ne voulais pas devoir la soulever au complet. J’avais peur de ne pas pouvoir la monter au-dessus de ma tête. »
« Après mon tour, je l’ai donnée à Coleman. Barclay, Blake et moi, nous avons pratiquement le même nombre de matchs en carrière. »
Joueurs autonomes
C’était aussi un moment symbolique pour ce trio. Coleman et Goodrow pourraient devenir joueurs autonomes sans compensation le 28 juillet. Pour reprendre les mots des joueurs du Lightning, c’était comme un dernier jour à l’école pour Gourde, Coleman et Goodrow.
« On a pris des photos les trois ensembles avec la coupe, a dit Gourde. J’ai adoré jouer avec Blake et Barclay. C’est tellement facile de jouer avec eux, ils ont un style simple. On avait une seule exigence pour nous trois : c’était de rester les gars qui travaillent le plus fort sur la glace. Mais ça, c’était dans nos ADN respectifs. »