Grands prématurés: le «miracle» du petit Rayn, né à 23 semaines
Le nouveau-né pesait à peine 600 grammes à sa naissance

Héloïse Archambault
Grâce à une révolution technologique digne d'un film de science-fiction, de plus en plus d'enfants québécois sont sauvés dans nos hôpitaux. Le Journal vous présente quelques-uns des patients traités avec ces technologies futuristes.
Un bébé né à seulement 23 semaines de grossesse est aujourd’hui en parfaite santé malgré sa très grande prématurité, un petit miracle de la médecine moderne.
«Je n’étais pas croyante, mais j’y crois pas mal plus maintenant, au bon Dieu! confie sa mère, Courtnie Bailey. C’est vraiment un miracle.»
Conçu par fécondation in vitro, le petit Rayn Bailey est né le 29 juillet 2024. L’enfant a causé toute une frousse à sa mère en naissant par césarienne d’urgence à seulement 23 semaines et 3 jours, au Centre universitaire de santé McGill.

À ce stade de la grossesse, la moitié des bébés ne survivent pas. Il ne pesait que 600 grammes, à peine plus qu’une livre de beurre.
Injections et médicaments
«Je l’ai voulu plus que tout au monde. Il était mon sixième et dernier essai in vitro, se rappelle la femme de 39 ans qui vit à Longueuil. Je pleurais sans cesse. J’avais une fausse illusion qu’il allait rester dans mon ventre.»
Grâce aux percées scientifiques des dernières années, les médecins soignent mieux les prématurés, même avant leur naissance. Hospitalisée quatre jours avant d’accoucher, Mme Bailey a appris que le col de son utérus ne retenait plus le bébé et que le travail s’était entamé prématurément.
Le petit Rayn a reçu deux injections pour accélérer la formation de ses poumons in utero et du magnésium pour réduire les risques de paralysie cérébrale.
Quant à sa mère, elle s’est fait injecter toutes sortes de médicaments et antibiotiques pour prévenir les infections.
«C’était beaucoup d’examens et des médicaments sans arrêt», se rappelle cette assistante technique en pharmacie.
À sa naissance, Rayn respirait par lui-même et n’a pas eu besoin d’être réanimé. Les spécialistes l’ont placé dans un sac pour l’aider à conserver sa chaleur et il a été intubé huit minutes plus tard.
135 jours à l’hôpital
Le poupon a combattu deux infections dans ses premières semaines de vie, mais il n’a pas eu les graves complications médicales normalement associées aux grands prématurés.
Rayn a pu rentrer à la maison après 135 jours, soit moins de cinq mois. Souvent, ces bébés sont hospitalisés beaucoup plus longtemps.

«C’est incroyable, je suis tellement chanceuse, avoue la mère. Je suis positive dans la vie, j’avais tout l’amour à donner à mon bébé. J’ai passé des heures en peau à peau. J’étais là tous les jours.»
Un an plus tard, l’enfant se développe normalement et mange de tout. Il ne marche pas encore, mais se déplace rapidement à quatre pattes. Seule ombre au tableau; il est peut-être myope et aura besoin de lunettes éventuellement.
«Ce bébé-là a coûté cher au système! rigole sa mère. Il était pressé, le petit tannant! On est vraiment chanceux.»
Rayn Bailey
- 1 an
- Longueuil
- Grand prématuré
- Hospitalisé 135 jours