En Grèce, « corps-à-corps » pour arrêter la course folle de l’incendie d’Eubée

AFP

2021-08-10T10:26:28Z

AVGARIA, Grèce | Villages assiégés, pinèdes carbonisées et maisons détruites: l’île grecque d’Eubée offrait un spectacle de désolation mardi alors que des centaines de pompiers et de volontaires luttaient pour arrêter la course folle du plus destructeur des incendies ayant frappé la Grèce.

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Plus de 3000 personnes ont été évacuées par la mer de l’immense île d’Eubée, montagneuse et arborée, dont la partie nord s’est embrasée le 3 août sous l’effet de températures caniculaires, selon les garde-côtes grecs.

En huit jours d’incendie sur cette vaste île montagneuse et boisée à 200 km d’Athènes, ce sont 49 700 hectares qui sont déjà partis en fumée, selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS).

Et depuis le 29 juillet, plus de 93 700 hectares ont été ravagés par les flammes dans ce pays méditerranéen frappé début août par la pire canicule en trois décennies. Moins de 2 300 hectares avaient brûlé en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.

Face à une « catastrophe naturelle aux proportions sans précédent », le premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé le déblocage d’une enveloppe globale de 500 millions d’euros qui comprend à la fois des aides d’urgence aux habitants victimes des feux, mais aussi un plan de reconstruction des zones sinistrées.

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En l’espace de quelques jours où le thermomètre a largement dépassé les 40° à de nombreux endroits, 586 incendies se sont déclarés dans le pays, selon le vice-ministre de la Protection civile, Nikos Hardalias. 

« Chaque maison perdue est une tragédie, un poignard dans le coeur », a-t-il ajouté, la voix brisée.

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Si les autorités ont jugé que « la situation est bien meilleure » mardi, les pompiers, aidés de nombreux volontaires, bataillaient toujours pour empêcher le feu d’atteindre Istiaia, une ville de 7000 habitants, qui n’a pas été évacuée.

Les forces déployées dans la partie nord d’Eubée ont été renforcées mardi et portées à 870 pompiers, dont beaucoup venus de Chypre, Slovaquie, Pologne, Serbie, Ukraine et Roumanie, selon les services d’incendies grecs.

Dix-sept hélicoptères bombardiers d’eau étaient mobilisés, ainsi que huit avions, dont trois Canadair français.

Dans le Péloponnèse, région également frappée par les incendies qui ravagent la Grèce depuis le 27 juillet, les feux ont repris de plus belle, poussant les autorités à ordonner l’évacuation de plus d’une dizaine de petits villages dans la région de Gortynia.

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« En un clin d’oeil, nous avons perdu tout contrôle », a déploré le maire, Efstathios Soulis, à la télévision publique ERT, ajoutant que des dizaines de villages, d’unités agricoles et d’entreprises étaient en danger. « Les fronts de feu sont trop nombreux pour être comptés », a-t-il souligné.

À Eubée, « les citoyens et les pompiers sont engagés dans une bataille au corps-à-corps, se battant avec tout leur coeur et toute leur âme », a déclaré sur sa page Facebook le maire d’Istiaia, Yiannis Kontzias.

La Grèce et la Turquie sont frappées par une vague d’incendies violents, qui ont fait huit morts sur les côtes turques et trois morts en Grèce.

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Si la Turquie semblait désormais sortie d’affaire, la Grèce est confrontée à « une catastrophe naturelle aux proportions sans précédent », a admis son Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.

Plus de 93 700 hectares ont été ravagés depuis le 29 juillet, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts (EFFIS). Moins de 2300 hectares avaient brûlé en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.

Seize personnes ont été interpellées, soupçonnées d’incendie criminel ou d’incendie par négligence, a indiqué la police.

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« On les supplie de venir »

Des villages entiers ont été évacués et des centaines de maisons détruites à Eubée mais aussi dans l’agglomération d’Athènes, sur la péninsule du Péloponnèse et dans d’autres régions du pays.

En T-shirts et souvent sans masque ni casque, les volontaires, aidés de pompiers, luttaient sur plusieurs fronts pour contenir les flammes qui dévorent l’île d’Eubée. 

Mardi, le maire d’Istiaia se montrait « optimiste » sur le front de Kamatriades, estimant que le feu y était « sous contrôle ». 

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Mais sur l’autre front, une centaine de pompiers se battaient contre l’avancée impitoyable des flammes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans le village balnéaire d’Asminio, menacé par les flammes, l’ordre d’évacuer a été donné mardi midi. « Où veux-tu qu’on aille? », hurle une sexagénaire qui refuse de quitter les lieux sous un ballet d’hélicoptères.

Dans les rues, envahies par des dizaines d’habitants, le ton monte: « Regarde, ce sont eux qui font le boulot », s’emporte Dimitri en montrant un camion de pompiers slovaque. « Ils sont où, les nôtres? On les supplie de venir et personne n’arrive ».

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Athènes débloque 500 millions d'aides pour les sinistrés du feu 

Le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a annoncé mardi débloquer une enveloppe de 500 millions d’euros pour des aides d’urgence et la reconstruction dans les régions frappées par les incendies d’une ampleur sans précédent qui continuent de ravager une partie de la Grèce.

Confronté à la colère d’habitants des zones sinistrées, le dirigeant conservateur a dévoilé sur une batterie de mesures pour les victimes ainsi que des plans pour la reconstruction dans l’île d’Eubée, à 200 km d’Athènes et dont la partie nord était toujours la proie des flammes mardi.

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Les mesures d’aide « seront financées principalement par un budget supplémentaire de 500 millions d’euros que le ministère des Finances va soumettre dès maintenant », a précisé M. Mitsotakis.

L’État versera notamment jusqu’à 150 000 euros par habitation détruite, a-t-il détaillé sur son compte officiel Twitter, avec un versement immédiat d’une avance de 20 000, 12 000 ou 5 000 euros en fonction du degré de dégradation du logement.

Des exonérations d’impôts fonciers et de cotisations sociales sont également prévues.

Quant aux entreprises touchées, elles « seront indemnisées à hauteur de 70 % de leurs pertes », a-t-il précisé sur le réseau social. Elles pourront aussi recevoir une avance immédiate de 22 000, 12 000 ou 5 000 euros pour leurs biens, en fonction des dommages.

L’État grec va par ailleurs débloquer 224 millions d’euros pour le reboisement de 165 000 hectares, une somme qui pourra être augmentée si nécessaire.

Lundi, Kyriakos Mitsotakis a demandé pardon aux Grecs « pour de possibles erreurs » alors que la colère gronde dans les rangs de l’opposition, mais aussi parmi les habitants et autorités locales dans les zones dévastées par les flammes.

Beaucoup ont en effet dénoncé le manque de réactivité et de moyens aériens déployés à « une catastrophe naturelle aux proportions sans précédent », selon le premier ministre.

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