Guerre commerciale: voici à quoi s’attendre pour vos prochaines factures d’épicerie

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Dominique Plante

2025-03-05T02:44:18Z

Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump depuis mardi pourront augmenter le prix de votre panier d’épicerie au cours des prochaines semaines. Voici ce qu’il faut savoir.

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Les oranges de la Floride, les avocats et les fraises de la Californie: de nombreux fruits proviennent des États-Unis et il faudra prévoir des hausses de prix. Certains condiments, huiles et céréales seront aussi touchés par ces droits de douane.

Pour mieux comprendre à quoi s’attendre pour vos futures factures d’épicerie, un propriétaire d’une épicerie québécoise éclaircit le tout.

Les tarifs douaniers sont-ils déjà en place?

Plusieurs consommateurs auront peut-être remarqué que les prix n’ont pas bougé depuis l’arrivée des tarifs douaniers.

«Les produits qu’on a présentement n’ont pas eu de tarifs encore, a confirmé Philippe Cregheur, propriétaire d’un IGA à Terrebonne, en entrevue à l’émission À vos affaires. Ça va prendre le temps que les nouveaux arrivages arrivent, qui ont été, eux, avec le tarif. Là, les prix vont monter.»

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Comment s’assurer qu’un produit est local?

Puisque les menaces de Donald Trump ne datent pas d’hier, plusieurs épiceries ont déjà commencé à poser des étiquettes sur des aliments préparés ou produits au pays. Pour Philippe Cregheur, ces étiquettes ont leur utilité.

«Certainement qu’ils nous posent la question [si on a d’autres options] déjà», a-t-il déclaré.

Si l’achat local doit être privilégié, selon lui, d’autres options restent pertinentes, comme les produits du Mexique, du Chili ou encore du Costa Rica.

Les produits canadiens vont-ils coûter plus cher?

La réponse de M. Cregheur est non.

«Je ne pense pas qu’il va y avoir de produits canadiens qui vont monter, à moins qu’il y ait une augmentation de prix qu’on ne contrôle pas. Mais non, je ne pense pas que les compagnies québécoises et canadiennes ont l’intention de monter le prix, justement, à cause des tarifs», a-t-il expliqué.

Les Québécois font-ils réellement plus attention à leurs achats?

Cette réponse varie selon les épiceries, mais d’après les observations du propriétaire du IGA de Terrebonne, les consommateurs n’ont pas tant changé leurs habitudes.

Il considère que la tendance va augmenter lorsque les tarifs seront mis en place.

«On va payer plus cher, alors c’est là que ça va probablement dire aux gens d’acheter plus local», a-t-il mentionné.

Est-il possible d’éviter complètement les produits américains?

«Tous les produits américains, je pense qu’il y a une option d’un autre pays ou local, a-t-il estimé. On a le choix.»

Le propriétaire suggère toutefois de bien analyser les fruits et les légumes, puisque certains d’entre eux ont la mention «États-Unis ou Mexique».

«Il faut vraiment regarder parce que d’un jour à l’autre, ça peut changer», a-t-il dit.

Néanmoins, il n’y aura pas d’autres options pour certains produits, comme les céréales.

«Que ce soit Kellogg ou General Mills, ce sont des compagnies américaines, puis c’est eux qui ont pas mal toute la variété», a admis M. Cregheur.

Est-ce qu’il faut boycotter tous les produits américains?

Il faut faire attention: certains aliments proviennent d’une entreprise américaine, mais sont faits au Québec ou au Canada.

C’est notamment le cas des croustilles Lay’s.

«Les patates sont du Québec, les produits sont faits par des employés québécois. Alors, il n’y aura pas de tarifs», a affirmé Philippe Cregheur.

Les compagnies de boissons gazeuses Pepsi et Coke ainsi que l’entreprise de biscuits Christie sont dans cette même catégorie.

Pour le moment, les fournisseurs québécois et canadiens de ces compagnies ont suffisamment de matériel pour compenser les biens américains.

«Ce qu’ils nous disent, c’est que les entrepôts sont pleins et qu’ils sont prêts à essayer de contrer l’augmentation de volume qu’ils vont probablement avoir», a dit M. Cregheur.

En collaboration avec Kevin Crane-Desmarais

Voyez le reportage complet dans la vidéo ci-dessus.

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