Guerre en Ukraine: l’industrie du voyage retient son souffle


Catherine Bouchard
À peine sortie de la pandémie, l’industrie du voyage retient son souffle avec la guerre en Ukraine, qui freine les réservations de voyages en Europe.
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Les agences de voyages, qui misaient sur une reprise des déplacements vers le Vieux Continent, constatent que leurs clients sont refroidis par le conflit en Ukraine.
« J’ai des gens qui allaient en Angleterre et qui ont décidé d’annuler », indique Luc Laflamme, directeur chez Voyage Vasco Spatial, à Québec.
Comme d’autres voyagistes, dont le CAA-Québec, M. Laflamme a été forcé d’annuler des croisières avec une escale à Saint-Pétersbourg, en Russie.
Il doit rassurer plusieurs clients inquiets par la guerre. Il prévoit une croisière en août prochain et un arrêt est prévu à Saint-Pétersbourg. Les clients ont jusqu’au 1er avril pour annuler sans pénalité.
« On est obligés de rassurer nos clients comme quoi la guerre n’est pas encore prise dans tous les pays d’Europe », fait valoir M. Laflamme.
L’agence de voyages Louise Drouin, à Drummondville, qui propose également des croisières avec escale à Saint-Pétersbourg, constate aussi que cela crée de l’incertitude.
Avec les sanctions imposées à la Russie, les contraintes qui en résultent pourraient se répercuter sur la clientèle. « C’est fragile, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve », observe le directeur général, Christian Guillet.
Complexe
Chez Voyages Paradis, qui possède des succursales partout au Québec, on observe une tendance à la baisse dans les réservations pour la période de l’année. « L’Europe, c’est assez complexe en ce moment », admet le directeur, Laurent Grand'Maison.
Il fait référence à la crise en Ukraine, mais également à la pandémie qui n’est pas complètement derrière nous.
« Est-ce que c’est à cause de la COVID ou ce qui se passe en Europe de l’Est ? C’est difficile à savoir. Mais il y a des clients qui se renseignent pour savoir si ça [la guerre en Ukraine] peut affecter un éventuel voyage en [Europe] », précise-t-il.
Au CAA-Québec, on remarque que les gens sont plus prudents pour les destinations en Europe. Toutefois, après deux ans de pandémie, plusieurs voyageurs refusent de remettre les retrouvailles familiales et maintiennent leur voyage.
« Les clients sont inquiets de la guerre actuelle et la demande la plus forte reste le Sud », précise la porte-parole Andrée-Ann Déry.
L’industrie « retient son souffle », conclut M. Laflamme. Si les réservations ne sont pas suffisantes, des voyagistes et compagnies aériennes pourraient annuler certains vols. Et avec le cours du pétrole qui flambe, les prix des billets d’avion sont eux aussi en constante augmentation.