Horreur au centre d’achats
L’Ukraine refuse de capituler dans des villes clés malgré la pression sanglante que lui oppose la Russie

AFP
L’Ukraine a refusé hier de jeter les armes dans une de ses villes clés comme le réclamait la Russie dans un ultimatum, en réitérant qu’elle se défendrait jusqu’au bout.
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« Il faudra d’abord tous nous détruire », a rétorqué hier le président ukrainien, Volodymir Zelensky, devant l’ordre de son homologue russe, Vladimir Poutine, de céder la ville portuaire de Marioupol dans le sud du pays.
Stratégiquement placée, la cité résiste depuis près de trois semaines à d’incessants pilonnages, bloquant l’accès à plusieurs grandes villes ukrainiennes aux forces russes en Crimée.
Sur le terrain, l’ultimatum n’a pas calmé le jeu : deux enfants se sont retrouvés aux soins intensifs après des tirs d’artillerie sur des véhicules fuyant la ville. Un convoi de fournitures humanitaires, destiné à une ville près de Kharkiv, aurait aussi été capturé par l’armée russe, accuse Zelensky.
Une ville secouée
Et dans la nuit de dimanche à hier, une violente frappe a ravagé le centre commercial Retroville, en plein cœur de Kyïv. Au moins huit personnes ont perdu la vie dans l’explosion qui a secoué la cité, détruisant les vitres de tout un quartier. Une dizaine d’immeubles ont été endommagés.

« Mon appartement a vacillé sous le souffle de l’explosion, j’ai cru que l’immeuble allait tomber », s’est étonné Vladimir, un Ukrainien de 76 ans, tandis que les secours recherchaient des restes humains dans les décombres.
Cette attaque a été décrite comme l’une des plus fortes depuis le début de l’invasion. Causée par un missile « à longue portée de haute précision », elle visait à détruire des munitions ukrainiennes, a justifié le ministère de la Défense russe.
Des missiles à 6100 km/h
Il pourrait s’agir d’un missile Iskander, employé à plusieurs reprises par l’armée russe. Dans les derniers jours, Moscou a aussi commencé à lancer des missiles hypersoniques, manœuvrables en vol et atteignant plus de 6100 km/h.
« Il est probable que la Russie arrive un peu à court de ses missiles traditionnels de précision. Elle en a tiré énormément et donc elle a peut-être épuisé ses stocks », a estimé l’ancien chef de mission militaire de la délégation française auprès des Nations unies, Dominique Trinquand.

Jusqu’à présent, au moins 21 secouristes ukrainiens ont été tués tandis que 47 autres ont été blessés par des bombardements. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 52 centres de soins ont été attaqués depuis le début de la guerre, rapportait CNN.
Environ 400 personnes pourraient être prises sous les décombres d’une école d’art de Marioupol, détruite dimanche, a aussi estimé Zelensky.
– Avec Roxane Trudel et l’Agence QMI
LE VRAI VISAGE DE LA GUERRE
Cette photo que nous publions aujourd’hui est particulièrement dure et difficile à regarder. Nous en sommes bien conscients, mais nous avons décidé de la publier afin de montrer toute l’horreur et la violence d’une guerre. Nous considérons que c’est notre rôle de montrer la réalité que vit la population de l’Ukraine, même si elle est choquante. La très grande partie de nos lecteurs sont des adultes et sont bien informés. Nous recommandons tout de même aux parents de ne pas laisser leurs enfants les regarder seuls et sans explications.
Dany Doucet
Rédacteur en chef