Hospitalisé à 14 ans pour des contrecoups de la COVID-19

L’ado a développé un syndrome inflammatoire multisystémique

Photo portrait de Pierre-Paul Biron

Pierre-Paul Biron

2021-01-26T23:00:00Z
2021-01-27T02:50:05Z

La mère d’un ado de 14 ans qui a été hospitalisé avec un syndrome découlant de la COVID-19 rappelle aux gens que ce ne sont pas que les aînés qui sont à risque.

Viktor Rousseau a été hospitalisé au CHUL pendant environ une semaine.

Déclaré positif à la COVID-19 en décembre après une éclosion dans sa classe, le jeune homme en pleine santé n’a développé aucun symptôme du virus.

Les impacts se sont plutôt fait sentir à la mi-janvier, sous la forme du syndrome inflammatoire multisystémique.

« Ça a commencé à mal aller à la mi-janvier : des maux de tête, maux de ventre, fièvre. [...] Il est entré [à l’hôpital] le 20 janvier parce que là, ça n’allait plus », raconte sa mère, Christina da Costa.

Rapidement, l’état de Viktor s’est dégradé. Raideur nucale, forte fièvre, inflammation du foie, de la rate, des poumons et du cœur, problème de pression, bref un portrait inquiétant.

« Ça nous a frappés dans la face parce qu’on n’avait jamais pensé que ça aurait été aussi intense chez un jeune », confie Mme da Costa.

Viktor Rousseau a été déclaré positif à la COVID-19 en décembre après une éclosion dans sa classe. Les impacts se sont fait sentir à la mi-janvier et il a dû être hospitalisé parce que son état s’est dégradé.
Viktor Rousseau a été déclaré positif à la COVID-19 en décembre après une éclosion dans sa classe. Les impacts se sont fait sentir à la mi-janvier et il a dû être hospitalisé parce que son état s’est dégradé. Photo courtoisie

Salle de réanimation

L’adolescent de Québec s’est retrouvé en salle de réanimation tellement son état était sérieux.

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« Sa pression était si basse que son cœur s’est emballé », explique sa mère, précisant qu’un cocktail de corticostéroïdes et d’immunoglobulines, avec la rapidité d’action de l’équipe soignante, avait permis de sauver son fils.

« Ils m’ont dit plusieurs fois qu’on aurait pu le perdre. Ça a changé mes perceptions à 100 % face au virus », affirme Christina da Costa. 

Viktor a quitté l’hôpital mardi, mais n’est toujours pas complètement tiré d’affaire.

« Pour les séquelles, ça va dépendre de comment va son cœur et de comment il reprend ses capacités », laisse tomber sa mère.

Plus fréquent depuis la COVID

La Dre Marie-Paule Morin, rhumatologue pédiatre au CHU Sainte-Justine, confirme que le syndrome inflammatoire multisystémique est plus fréquent depuis la COVID-19.

« On a eu une dizaine de cas à Sainte-Justine dans les dernières semaines. Dans la majorité des cas, tous des jeunes qui n’avaient eu aucun symptôme de la COVID », explique-t-elle, précisant que le syndrome se manifeste le plus souvent trois à quatre semaines après le diagnostic de COVID-19.

« Ça demeure important d’en parler parce que ça existe. Il faut être attentif aux symptômes. Bien souvent, les parents ont le flair pour ça. Si la fièvre persiste par exemple, il faut consulter. On doit garder une certaine vigilance », indique la spécialiste. 

Qu’est-ce que le SIME ?

(syndrome inflammatoire multisystémique chez l’enfant)

  • Serait une hyperréaction du système immunitaire déclenchant une tempête inflammatoire chez l’enfant
  • Survient habituellement entre 3 et 6 semaines après le diagnostic de COVID-19
  • Le lien de causalité avec la COVID-19 reste à établir, mais le lien temporel, lui, est certain. Chaque pic du virus provoque un pic du syndrome
  • Un très faible taux de cas de COVID-19 se transforme en SIME
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