Il dit adieu à son père... et accueille son fils: l’acteur Karl Walcott nous donne de ses nouvelles

Alicia Bélanger-Bolduc

2025-09-12T10:00:00Z

La vie de Karl Walcott a pris un tournant dans les derniers mois puisqu’il est devenu papa pour la première fois. Avec quelques heures de sommeil dans le corps, il a accepté de se livrer à nous sur l’importance de son nouveau rôle, la perte de son père, sa carrière d’acteur et la place que la Fondation Charles-Bruneau occupe dans sa vie.

• À lire aussi: L’acteur Karl Walcott est maintenant papa

• À lire aussi: Voici l'émission qui a bercé l'enfance de Karl Walcott

Parle-moi de ton implication avec la Fondation Charles-Bruneau.

Je participe à l’événement de la Coupe Charles Bruneau depuis environ cinq ans. Le tournoi de hockey sert à amasser des fonds pour la recherche sur le cancer pédiatrique et ça me rend bien fier de contribuer à ma façon. Quand je me suis fait inviter pour la première fois, je ne connaissais pas la fondation. J’ai découvert la vie de Pierre Bruneau et le décès de son fils. Ça m’a beaucoup touché. Puisque j’ai un certain talent au hockey, on m’a demandé de me joindre à eux, et je ne pouvais pas refuser cette offre. Ça fonctionne comme un repêchage: plus la personne ou l’entreprise amasse de l’argent, plus elle a de chances de recruter en premier les personnalités de son choix pour son équipe.

Publicité

Est-ce que c’est la première fois que tu t’impliques dans une fondation ou c’est quelque chose que tu as toujours voulu faire?

Ç'a simplement commencé avec le fait que j’étais bon dans ce sport, mais en participant aux événements, j’ai découvert que c’était vraiment important de faire partie de cette cause. C’est bouleversant ce que les parents et les enfants peuvent vivre à un si jeune âge. On sait que l’argent va directement à la recherche et on constate les progrès, donc évidemment, ça nous motive à revenir l'année suivante. Je ne peux pas donner des millions, mais si je peux m’impliquer et faire de la promotion, c’est un honneur. Je suis toujours ému de rencontrer les enfants et leur famille, mais malheureusement, certains nous ont quittés en cours de route. Il faut continuer de se battre pour eux.

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Tu es nouvellement papa. Ta vision de la fondation a-t-elle évolué avec ce bébé?

Je suis déjà un peu hypocondriaque dans la vie, donc c’est sûr que je garde constamment un œil sur lui. Ma conjointe et moi sommes toujours en train de nous demander si on fait les choses correctement et si tous ses besoins sont comblés. Je ne peux même pas m’imaginer la position de ces parents, comment ils doivent se sentir. Ça fait vraiment peur, mais au moins, je vois les avancées et ça me réconforte de savoir qu’on progresse dans la bonne direction.

Publicité

Comment va la vie de papa jusqu’à maintenant?

Mon fils n’a que deux semaines et quelques jours pour le moment, mais je suis déjà en plein dedans! Je ne dors que quatre heures par nuit et ma conjointe encore moins! On commence tranquillement à se bâtir une routine plus saine. Au début, on était debout tous les deux pour s’assurer que tout allait bien. Ma copine allaite, donc je voulais être là pour l’épauler, mais on était complètement épuisés. Maintenant, on sépare la nuit en deux: je prends le relais de 21 h à 2 h du matin et elle s’occupe de la suite. Le manque de sommeil fait partie du quotidien de tous les nouveaux parents, mais on est contents d’avoir trouvé une manière de fonctionner qui est viable pour nous deux.

Et comment vivez-vous cette nouvelle aventure à deux?

Aimer un petit être comme ça, c’est dangereux! On n’arrête pas de se dire à quel point on l’adore, qu’on s’aime et qu’on est chanceux. C’est sûr que les moments de tendresse sont plus rares, mais on essaie de faire des petites sorties en famille, de se reposer et de récupérer de l’accouchement. Quand on peut, on va au parc, on fait un pique-nique, juste pour quitter la maison. Les choses ont changé, mais il ne faut pas oublier à quel point on est tissés serrés en tant que couple. Ce n’est qu’une question de temps avant que ça revienne un peu à la normale.

Publicité

Bruno Petrozza / TVA Publications
Bruno Petrozza / TVA Publications

Comment as-tu jonglé avec ton nouveau rôle de père et ta carrière?

Je tournais une série à Vancouver depuis le début juillet et j’avais annoncé que j’allais avoir un enfant. Ils ont été super compréhensifs et se sont assurés qu’il n’y ait pas de problème pour l’arrivée de mon fils, en me laissant mon mois de septembre libre pour rester à la maison. On est tombés pile: je revenais à la maison le vendredi, et le mardi, ma conjointe accouchait. Elle m’attendait sans trop bouger pour éviter que le travail commence sans moi! (rires)

Que peux-tu nous dire sur ce projet?

C’est encore assez secret, mais il s’agit d’une série américaine où j’ai un beau rôle. C’est produit par Amazon MGM Studios.

Ta carrière en anglais t’apporte de belles opportunités!

C’est une vraie chance puisque c’est très difficile de percer dans le milieu international. Souvent, les projets d’ici qui voyagent à travers les festivals nous permettent d’être découverts par un public plus large. De mon côté, c’est grâce aux auditions self-tape que j’ai réussi à me faire connaître. C’est de cette façon que j’ai, entre autres, eu ce dernier projet ainsi que mon rôle dans Riverdale. Oui, ce sont de plus gros plateaux et des budgets plus importants, mais ça reste du jeu. J’ai une très belle relation avec mon agent, Sean, qui est québécois mais qui vit à Vancouver. J’ai été son premier client et depuis, il a bâti une agence qui fonctionne très bien.

Publicité

Est-ce que ta carrière internationale influence celle que tu as au Québec?

J’ai récemment fait une série québécoise, filmée en Colombie-Britannique, Surf Bay, côte Ouest, avec, en autres, Camille Felton. J’ai aussi participé au film Menteuse et les gens étaient surpris de me reconnaître de Riverdale. Je crois que ça peut aider, ça amène une curiosité et une notoriété, mais je passe des auditions comme tout le monde. Pour être franc, je tourne moins en ce moment au Québec, ce qui peut créer une division: pour certains, je deviens juste un comédien d’ailleurs et on peut penser que je suis trop occupé. Ce n’est pas le cas! Pour l’instant, c’est ma série à Vancouver qui m’occupe, mais mon plus gros projet reste mon bébé et je désire m’y consacrer à 100 %.

As-tu toujours voulu être papa?

Ç'a toujours été un de mes souhaits, mais je n’envisageais pas de fonder une famille avec n’importe qui. Je suis très heureux d’avoir attendu d'être prêt et d’avoir trouvé la femme avec qui je veux passer le reste de ma vie et avoir d’autres enfants.

Vous vous êtes fiancés récemment. Le mariage aura-t-il lieu bientôt?

Je l’ai demandée en mariage en mars dernier. Je croyais qu’on allait prendre notre temps avec l’arrivée du bébé, mais Danielle souhaite qu’on se marie rapidement. On aimerait le faire avant d'avoir d’autres enfants. Il n’y a pas encore de plan précis, mais ça sera une célébration très intime.

Publicité

Tu as aussi récemment perdu ton père. Comment vis-tu avec un si gros départ?

(Avec émotions) C’est la chose la plus difficile que j’ai eu à vivre... On n’est jamais prêt à affronter un tel deuil, c’est un sujet dont on parle rarement. Sa mort a été soudaine. Il est décédé du diabète non traité. Il est tombé dans le coma à la suite d’une hyperglycémie et a fait une crise cardiaque pendant ce coma. Avant d’aller à l’hôpital, c’était déjà trop tard... Au moins, mon grand frère et moi étions avec lui. Il est parti le 9 juin... quelques jours avant la naissance de mon fils. Je suis encore dans l’émotion, je pense à lui tout le temps. J’ai vécu le plus beau moment de ma vie avec l’arrivée de mon fils et le pire avec le décès de mon père. C’est beaucoup de sentiments à gérer en même temps. Ça crée un immense vide, mais il est présent avec nous, je le sens. C’est un gros rappel que nous ne sommes pas immortels.

Publicité

Tu es un grand sportif. Cette passion te vient-elle de ton père?

Il a été notre coach de hockey, à mes frères et moi, pendant toute notre enfance et une partie de notre adolescence. Il était toujours présent à nos matchs. Il était passionné de sport en général. Bien qu’il ne vienne pas du Québec, il a appris à jouer et à patiner très rapidement, et il était très bon. En tant qu’homme noir, c’était plutôt rare, et il s’est même rendu dans la ligue junior. Pour son mariage avec ma mère, il avait préparé un montage de lui sur la glace, le vidéaste l’avait suivi jusqu’à l’aréna! Il aura au moins vu mon frère Daniel se faire repêcher par la ligue nationale, c’est une immense fierté pour nous tous.

Tu viens d’une famille multiculturelle. Comment cela a-t-il teinté ta vie familiale?

Ma mère vient de Croatie, mais est née au Québec de parents immigrés de l’ancienne Yougoslavie. Mon père avait 8 ans quand il a quitté la Barbade. Ils sont passés par les États-Unis avant de s’installer au Québec, où ils ont trouvé les gens beaucoup plus accueillants. Ils se sont mariés dans un contexte où le racisme était encore bien présent, ç'a été un choc pour leurs familles respectives. Ils ont avancé dans leur relation, peu importe ce que les autres en pensaient, et c’est une grande fierté pour nous. Mon père avait un gros accent en arrivant ici. Il s’est senti inclus, mais il a rapidement adapté son accent pour mieux s’intégrer. Je suis fier de ma culture, je trouve important d’en parler et de la célébrer. Je crois que mes parents ont été très courageux de persévérer dans leur relation en ayant grandi dans deux mondes complètement différents. Il y a eu des embûches, je ne sais pas si j’aurais été capable de faire comme eux. J'ai énormément de respect pour eux.

À voir aussi:

Publicité