Il y a du relâchement, avouent des patrons du secteur de la construction

Ils veulent renverser la vapeur afin d’éviter des fermetures qui coûteraient cher

Le PDG de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ), Éric Côté, avec des travailleurs, Benoit Gressard (à gauche) et Sylvain Ross (à droite), jeudi, devant le chantier de Brocolini du 700, rue Saint-Jacques, à Montréal.
Le PDG de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ), Éric Côté, avec des travailleurs, Benoit Gressard (à gauche) et Sylvain Ross (à droite), jeudi, devant le chantier de Brocolini du 700, rue Saint-Jacques, à Montréal. Photo Ben Pelosse
Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2021-01-15T05:00:00Z

Alors que les accrocs aux règles sanitaires explosent sur les chantiers, des patrons admettent un certain relâchement et promettent de se retrousser les manches pour rester ouverts.

• À lire aussi: La construction, la pire élève au chapitre des avis de corrections

« Est-ce qu’il peut y avoir des relâchements ? C’est possible », a reconnu Éric Côté, PDG de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ), qui regroupe des patrons des secteurs industriel, commercial et institutionnel (ICI).

Mercredi, Le Journal a révélé que les activités sur les chantiers étaient loin de tourner au ralenti et que l’on voyait même un relâchement des mesures sanitaires.

Port du masque

Or, pour la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ), qui regroupe de gros noms comme Broccolini ou Axor Ingénierie Construction, le constat est clair : il faut insister davantage sur le port du masque.

« Si on dit aux enfants dans les classes de porter le masque, pourquoi sur les chantiers de construction on ferait moins attention ? » se demande Éric Côté, qui dirige le regroupement d’entrepreneurs québécois.

D’après lui, les entreprises récalcitrantes doivent réaliser au plus vite qu’elles courent non seulement un risque pour la santé des autres... mais qu’elles pourraient le payer cher.

Publicité

« Il y a des entrepreneurs qui ont été condamnés par les tribunaux parce qu’ils ne mettaient pas les mesures en place. Il y a des conséquences réelles », est allé jusqu’à dire le grand patron de la CEGQ.

À Gatineau, l’entrepreneur en construction et copropriétaire de Décor Pink Couvre-planchers, Shawn Côté, est d’avis qu’il faut maintenir la garde et continuer de se laver les mains autant qu’au début de la pandémie.

« Les bouteilles de savon vont descendre aujourd’hui un peu moins vite qu’elles descendaient au début », a remarqué celui qui travaille sur trois chantiers d’envergure – de cinq millions de dollars – en Outaouais.

« Il faut hausser d’un cran la sécurité sur les chantiers », a tranché également Pierre Brassard, président de la CSN-Construction.

Nombreux avis d’infraction

Alors que les avis d’infraction explosent dans l’industrie, le ministre du Travail, Jean Boulet, prévient même qu’il pourrait multiplier les fermetures de chantiers si le besoin se fait sentir.

« On a le pouvoir d’ordonner la fermeture d’une entreprise. On a fermé 23 chantiers de construction depuis le début de la pandémie », a-t-il rappelé en entrevue à l’émission À vos affaires, sur les ondes de LCN.

– Avec la collaboration de Pierre-Olivier Zappa, Agence QMI

Publicité

Sur le même sujet