Les autochtones vont pouvoir utiliser leur nom traditionnel dans leur passeport

À la fin du mois de mai, les ossements de 215 enfants ont été trouvés près de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique.
À la fin du mois de mai, les ossements de 215 enfants ont été trouvés près de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique. Photo d'archives, AFP

AFP

2021-06-14T15:33:44Z
  •  Les autochtones vont pouvoir utiliser leur nom traditionnel sur leurs documents de voyage officiels, comme leur passeport.  
  • Ces noms autochtones leur avaient été «volés» lorsqu’ils avaient été enrôlés de force dans ces pensionnats pour y être assimilés à la culture dominante.  
  • La mesure répond à l’une des 94 demandes formulées en 2015 par la Commission de vérité et réconciliation, qui avait conclu à un véritable « génocide culturel » de la part du Canada.   

Les autochtones vont désormais pouvoir utiliser leur nom traditionnel sur leurs documents de voyage officiels, a annoncé lundi le gouvernement fédéral, quelques semaines après la découverte des restes de 215 enfants près d’un pensionnat autochtone.

Ces noms autochtones leur avaient été «volés» lorsqu’ils avaient été enrôlés de force dans ces pensionnats pour y être assimilés à la culture dominante, a rappelé le ministre de l’Immigration Marco Mendicino lors d’un point presse.

«Ces enfants autochtones qu’on a volés à leurs familles pour les forcer à intégrer le système de pensionnats, on est allés jusqu’à voler leur propre nom», a souligné M. Mendicino, citant l’exemple d’une petite Masek rebaptisée Alice.

Or «nos noms sont l’une des premières choses que l’on reçoit. Ils sont individualisés, uniques, ils parlent de notre passé, ils honorent ceux qui nous ont précédés, et reflètent l’histoire de nos familles», a-t-il ajouté.

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Une demandes de la Commission de vérité et réconciliation 

Les autochtones vont pouvoir demander que leur nom traditionnel soit utilisé sur leurs documents officiels d’immigration comme les passeports ou les certificats de résidence permanente. Cette mesure pourrait concerner «plusieurs centaines de milliers» de personnes au Canada, a précisé Marc Miller, ministre des Services aux autochtones.

La mesure répond à l’une des 94 demandes formulées en 2015 par une commission nationale d’enquête sur la question des pensionnats, qui avait conclu à un véritable « génocide culturel » de la part du Canada dans un rapport accablant.

Les restes de 215 enfants retrouvés à Kamloops  

Quelque 150 000 enfants autochtones, métis et inuits ont été enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

Plusieurs ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon les conclusions de la Commission de vérité et réconciliation. 

• À lire aussi: De quoi les 215 enfants sont-ils morts?

La découverte fin mai, grâce à des fouilles par géoradars, des ossements de 215 enfants près du pensionnat autochtone de Kamloops, en Colombie-Britannique, a provoqué une vive émotion dans tout le pays. Elle a également relancé les appels au gouvernement à accélérer le processus de réconciliation prôné par la commission d’enquête. 

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