Impossible de trouver un logement à cause de leur mauvais crédit

Jenny Bourgoin a tenté de louer un appartement dans plusieurs villes du Québec en vain.
Jenny Bourgoin a tenté de louer un appartement dans plusieurs villes du Québec en vain. Fournie par Jenny Bourgoin
Photo portrait de Léa  Martin

Léa Martin

2024-03-06T13:29:54Z

«Ce n’est pas parce qu’on a des accrochages dans la vie qu’on est une mauvaise personne»: voilà maintenant 11 mois que Jaky se cherche un appartement. Mais un mauvais crédit qu’elle traîne depuis un moment lui ferme toutes les portes.

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«Ça fait plus de 11 mois que je cherche de façon active. Je n’ai réussi qu’à me trouver une chambre», indique celle qui affirme s’être sortie d’une relation abusive. De retour dans sa ville natale, elle se cherche un logement où habiter avec ses trois enfants, âgés de 6, 10 et 16 ans.

La femme de 34 ans, qui assure avoir un emploi stable, raconte avoir souffert de la hausse du coût de la vie, surtout depuis le début de la pandémie. Ses finances personnelles ont également été hypothéquées par la location d’une voiture qu’elle n’avait plus les moyens de payer, dit-elle.

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Il faut dire que Jaky n’est pas la seule à avoir été prise à la gorge financièrement au cours des derniers mois et des dernières années.

«Les soldes sur les cartes de crédit sont au niveau le plus haut jamais enregistré par Equifax», explique le président de Jean Fortin réorganisation financière, Pierre Fortin.

«Lorsqu’on sait que ce type de crédit est l’un des plus dispendieux (20% d’intérêt en moyenne) et qu’il est bien souvent le seul type de crédit disponible pour les gens à plus faibles revenus, ce n’est pas un bon signe.»

Un problème partout au Québec

C’est aussi en partie à cause d’une voiture que Jenny Bourgoin a entaché son dossier de crédit. Elle raconte avoir eu un accident alors qu’elle n’était pas assurée.

Au début de l’année, elle est retournée vivre chez sa mère, à Sept-Îles, parce qu’aucun propriétaire ne voulait lui louer un logement à cause de son mauvais crédit, mais aussi de ses deux chiens.

Les deux chiens de Jenny Bourgoin.
Les deux chiens de Jenny Bourgoin. Fournie par Jenny Bourgoin

Dans l’état actuel du marché locatif, celle qui s’est promenée dans plusieurs villes à travers le Québec affirme avoir du mal à avoir des rendez-vous simplement pour visiter des logements.

Tenter de repartir à zéro

Michel Champagne a déclaré faillite à deux reprises. Après des déboires personnels et financiers, il s’est retrouvé sans logement. Il a dû dormir chez des amis, de la famille et dans sa voiture, avant de se retrouver dans la rue, raconte-t-il.

Aujourd’hui, il est parvenu à se remettre en selle. Celui qui explique travailler comme technicien de scène habite dans une maison de chambres. Mais après 10 ans d’instabilité, il rêve d’avoir son propre appartement.

«Ce que je recherche, c’est la paix d’esprit, avoir un toit sur ma tête, c’est tout», confie-t-il à 24 heures.

Au début de ses recherches, il y a trois ans, il en disait le moins possible sur sa vie aux propriétaires potentiels. Maintenant, il préfère jouer franc jeu et tout de suite mentionner son mauvais crédit.

C’est la chose à faire, assure Pierre Fortin.

«Quand on sait qu’il y a une enquête de crédit, mieux vaut expliquer le contexte. Le problème, c’est qu’aujourd’hui [avec la crise du logement], les propriétaires ont l’embarra du choix [lorsqu’il vient le temps de choisir des locataires]», souligne-t-il

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