COVID-19: inquiétude en Europe, tendance à la baisse aux États-Unis

AFP
L’inquiétude face à la propagation de variants du coronavirus plus contagieux gagne plusieurs pays qui ferment leurs frontières en Europe et ailleurs, alors qu’aux États-Unis les nouveaux cas et les hospitalisations sont en baisse.
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L’Allemagne interdit à partir de ce samedi les entrées sur son territoire par voies terrestre, maritime et aérienne de personnes venant de cinq pays fortement touchés par les différents variants de la COVID-19.
De son côté, la France ferme à partir de dimanche ses frontières aux pays extérieurs à l’UE et ses grands centres commerciaux vendredi. Le premier ministre Jean Castex renvoyait toute décision radicale aux «prochains jours».
«Décourager les voyageurs»
Le Canada va aussi durcir les restrictions à l’entrée sur son sol, des mesures qui visent à «décourager les voyageurs» afin de freiner la propagation des nouveaux variants, a admis le premier ministre Justin Trudeau. Le Mexique lui a aussitôt demandé de revenir sur cette décision.
Aux États-Unis, en revanche, les nouveaux cas de COVID-19 et les hospitalisations sont en baisse depuis deux semaines, même si le nombre total de cas positifs quotidiens est encore plus important qu’à l’été.
Selon les experts, les raisons de cette amélioration vont du respect des gestes barrières au fait que la période des Fêtes, favorable aux rassemblements, est loin. Et, au moins dans certains États du pays, le virus a déjà contaminé une bonne partie de la population: l’effet de l’immunité joue aussi.
Il y a encore plus de 3000 morts par jour, en raison du délai entre hospitalisations et décès, mais les courbes vont dans la bonne direction dans un pays où l’épidémie a déjà tué plus de 430 000 personnes.
«La période de voyages que le virus a exploitée est quasiment terminée», explique à l’AFP Amesh Adalja, du Centre Johns Hopkins pour la sécurité sanitaire.
Dans l’Union européenne, le vaccin d’AstraZeneca a été autorisé vendredi, mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a maintenu la pression sur ce laboratoire, dont les 27 fustigent les retards de livraison.
«J’attends de l’entreprise qu’elle livre les 400 millions de doses comme convenu», a-t-elle souligné.
Marche arrière de l’UE
Le PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, s’est empressé de déclarer qu’«une première livraison d’environ 3 millions de doses devrait être envoyée dans les tout prochains jours».
AstraZeneca/Oxford est le troisième vaccin à être avalisé dans l’UE après ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna.
L’Agence européenne des médicaments (EMA) avait approuvé plus tôt dans la journée l’utilisation dans l’UE de ce vaccin pour les plus de 18 ans.
Les pays de l’UE guettaient la décision du régulateur, se demandant s’il allait ou non suivre l’exemple de la commission de vaccination allemande, qui avait déconseillé jeudi ce vaccin pour les plus de 65 ans, des doutes relayés par le président français, Emmanuel Macron.
L’autorité vaccinale allemande a réitéré vendredi sa recommandation, prenant le contre-pied du régulateur européen.
Cette controverse ajoute à la confusion en Europe autour du vaccin du laboratoire britannique, dans un contexte de tensions du fait de livraisons inférieures aux prévisions.
AstraZeneca a expliqué ne pouvoir livrer qu’«un quart» des doses initialement promises à l’UE au premier trimestre.
Bruxelles a adopté, vendredi, un mécanisme permettant de contrôler les exportations hors de l’UE des vaccins qui y sont produits et d’empêcher la sortie de doses destinées aux Européens.
Mais elle a renoncé, en fin de compte, à y inclure l’Irlande du Nord après de vives critiques britanniques lui reprochant de compromettre des accords passés dans le cadre du Brexit. Cette dernière décision a été saluée par Dublin.
L’UE prévient qu’elle veillera toutefois à empêcher que les transits de vaccins «vers des pays tiers [soient] utilisés abusivement pour contourner les effets du système d’autorisation».
«Échec moral»
Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pour sa part lancé une nouvelle mise en garde: «Si nous ne partageons pas, il y aura trois problèmes majeurs», a-t-il dit. «Un: un échec moral catastrophique, deux: cela permettra à la pandémie de continuer à faire rage, et trois: une reprise économique très lente».
Quelque 63% des doses administrées le sont dans les pays riches (Europe, USA et pays du Golfe) concentrant 16% de la population mondiale. Plus de 86,5 millions de doses de vaccins anti-COVID-19 ont été administrées dans au moins 73 pays ou territoires, selon un comptage de l’AFP. L’Algérie doit démarrer samedi sa campagne de vaccination et la Colombie, le 20 février.
Parallèlement, les experts de l’OMS se sont rendus samedi à Wuhan (centre de la Chine) dans le premier hôpital à avoir accueilli des malades de la COVID-19, au deuxième jour de leur enquête de terrain sur l’origine du coronavirus.
Premier pays frappé par l’épidémie, la Chine est quasi-muette sur cette visite ultrasensible politiquement pour Pékin, accusé d’avoir tardé à réagir face aux premiers cas de COVID-19.
Les États-Unis ont exigé une enquête «claire et poussée». Pékin a répliqué en rejetant toute «ingérence politique».
La pandémie a de nouveau décéléré, cette semaine, dans le monde (-11%), mais les chiffres restent élevés: 564 300 nouveaux cas par jour en moyenne.