Inquiétude et le néant pour les proprios de bars

Fermés depuis six mois, ils ne savent pas quand ils pourront rouvrir pour la 2e fois

Comme tous les tenanciers de bars, Toby Lyle, copropriétaire du Pub Burgundy Lion et quatre autres pubs à Montréal, attend toujours de savoir quand et dans quelles conditions il va pouvoir rouvrir ses établissements, fermés depuis le 1<sup>er</sup> octobre 2020.
Comme tous les tenanciers de bars, Toby Lyle, copropriétaire du Pub Burgundy Lion et quatre autres pubs à Montréal, attend toujours de savoir quand et dans quelles conditions il va pouvoir rouvrir ses établissements, fermés depuis le 1<sup>er</sup> octobre 2020. Photo Martin Alarie
Photo portrait de Clara Loiseau

Clara Loiseau

2021-03-14T03:44:59Z

Des propriétaires de bars restent très inquiets face à un avenir toujours incertain pour leur industrie presque un an jour pour jour après la première fermeture de leurs établissements.

« S’il y a une chose à améliorer [pour le gouvernement], c’est la communication. Ça fait un an qu’on navigue dans le noir et ça a été difficile, mais ça l’est encore parce qu’on ne sait toujours pas sur quel pied danser et si même on va pouvoir rouvrir ou non. Le simple fait que je sois dans le néant, c’est stressant », déplore Anthoni Jodoin, propriétaire des bars montréalais le Snowbird Tiki Bar et la Taverne Cobra.

Comme lui, plusieurs tenanciers de bars regrettent que le gouvernement ne donne pas plus d’informations depuis qu’ils ont fermé pour la première fois le 16 mars 2020. D’autant plus que le déconfinement partiel de plusieurs secteurs d’activités s’est amorcé depuis deux semaines.

« Depuis le début, on est dans l’inconnu. On nous a dit 28 jours en octobre, ça va bientôt faire six mois et on n’entend plus parler de nous », lance Manny Vides, propriétaire du bar Le Peacock, à Montréal, et du Dirty Dive Bar, à Brossard.

Main-d’œuvre rare

Sans savoir quand et comment ils pourront accueillir de nouveaux clients, certains tenanciers de bars n’osent pas se mettre à la recherche de personnel, pourtant devenu une denrée rare dans l’industrie.

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Après avoir pu travailler seulement trois mois sur 12, beaucoup d’employés qualifiés ont choisi de quitter la restauration, sans compter les nombreux étudiants.

« Normalement, j’ai une quinzaine d’employés, et j’en avais déjà perdu 3-4 au début de la pandémie. Là, je m’attends à ce qu’il y ait 2-3 personnes qui ne reviennent pas non plus. Il va falloir les remplacer, les former et recommencer à créer un lien avec les clients », soutient le propriétaire du bar karaoké Le Normandie, à Montréal.

De son côté, Toby Lyle, copropriétaire de cinq établissements à Montréal, dont le Burgundy Lion Pub et le Pub Wolf & Workman, vise le 1er avril comme date de réouverture.

« On a tous l’espoir de recommencer au début ou à la mi-avril, donc il faut qu’on commence à planifier », explique-t-il.

Dettes et fermeture

Et c’est aussi le côté financier qui inquiète de plus en plus les tenanciers.

Actuellement, les subventions du gouvernement fédéral sont annoncées pour durer jusqu’au mois de juin.

« Je pense qu’ils vont les continuer, mais pour le moment on ne sait pas. Si au mois de juin ils arrêtent tout, ça va être de plus en plus difficile », estime M. Lyle.

Pour Andrew Whibley, propriétaire du Cloakroom Bar à Montréal, l’inquiétude est partagée. 

Mais il craint aussi que de nombreux bars ferment leurs portes si le gouvernement provincial ne vient pas aider les bars avec autre chose que des prêts qui ne font qu’endetter un peu plus chaque jour ces établissements.
 

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