«J’ai eu extrêmement peur de mourir»
Une mère de famille de 30 ans craint de garder des séquelles après avoir été durement frappée par la COVID-19


Catherine Bouchard
Une blogueuse de 31 ans, qui se remet péniblement de son infection à la COVID-19 qui l’a menée aux soins intensifs pendant une semaine, a eu peur de mourir et de ne plus revoir ses enfants.
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Catherine Cloutier-Charrette, qui tient le blogue L’emmèredeuse — suivi par plus de 43 000 personnes sur Facebook — a reçu un diagnostic à la mi-octobre.
Elle a commencé par avoir des symptômes s’apparentant à ceux d’une gastro. Rapidement, une fièvre importante est apparue, en plus de maux de tête, d’une perte du goût et de l’odorat et de grosses courbatures. Puis, la toux s’est mise de la partie.
« Et ensuite, ç’a été de gros symptômes respiratoires. J’étais essoufflée », raconte Mme Cloutier-Charrette, qui affirme avoir toujours été en excellente santé.
Deux jours après avoir reçu son résultat positif, la mère de famille s’est rendue à l’urgence de l’hôpital de Saint-Eustache.
« La fièvre ne descendait pas et j’avais de la misère à respirer », se souvient-elle.
On l’a avisée qu’elle avait une pneumonie dans chacun de ses poumons. Elle a rapidement été transférée à l’hôpital de Saint-Jérôme.
Coma évité de justesse

« J’ai eu extrêmement peur de mourir. Quand je suis arrivée aux soins intensifs, on m’a mis sur le ventre pour aider mes capacités pulmonaires. Les médecins voulaient m’intuber et me mettre dans le coma », raconte-t-elle.
Finalement, elle n’a pas été placée dans le coma, mais Mme Cloutier-Charrette dit avoir vécu une grande détresse à ce moment. « J’étais certaine que je ne reverrais plus mes enfants », confie-t-elle, en parlant de ses deux garçons âgés de quatre et huit ans.
La blogueuse est retournée chez elle après huit jours d’hospitalisation, dont sept aux soins intensifs.
Séquelles redoutées
Même si elle va mieux, ses capacités pulmonaires mettront plusieurs mois avant de se rétablir, selon ses médecins. Elle dit craindre les répercussions à long terme. « Ça me fait très peur », dit-elle.
Elle a raconté ce qu’il lui est arrivé sur les réseaux sociaux pour inciter les gens à suivre les consignes sanitaires.
« Autour de moi, j’ai des personnes proches qui continuent de faire des soupers, de voir des amis, mais qui, en public, font comme s’ils étaient exemplaires, se désole-t-elle. Je faisais super attention, on m’appelait capitaine COVID, et c’est moi qui l’ai eue et qui ai été si malade. »
« J’ai reçu des milliers de messages pour me faire dire que je n’avais pas l’air malade, que j’avais besoin d’attention. Je me suis même fait dire que j’avais reçu de l’argent pour faire ça. Si j’ai pu conscientiser une seule personne, ce sera au moins ça », termine-t-elle.