«J’ai réglé le problème, j’ai pris ma retraite»: un ex-employé d’Hydro-Québec n’en pouvait plus d’attendre après le REM

Jacques Pannetier ne regrette pas de bénéficier d’une retraite moins généreuse plutôt que de subir les années de travaux du REM à être pris dans le trafic

Photo portrait de Olivier Faucher

Olivier Faucher

2023-06-30T04:00:00Z

Un Montréalais qui se rendait au travail en train a devancé sa retraite plutôt que de subir chaque jour le trafic en voiture tellement il ne croyait plus que le service de la ligne Deux-Montagnes reprenne un jour.

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«J’ai réglé le problème, j’ai pris ma retraite», affirme Jacques Pannetier, ex-employé d’Hydro-Québec qui n’en pouvait plus d’attendre que la ligne de trains de banlieue Deux-Montagnes reprenne du service.

Alors que CDPQ Infra commence enfin depuis mercredi sa marche à blanc sur le tronçon de la Rive-Sud, soit sa toute dernière phase de test avant la mise en service, le Journal a rencontré des usagers de l'ancienne ligne de train de banlieue Deux-Montagnes qui ont vu leur vie être chamboulée par les années de travaux et qui craignent de nouveaux reports sur leur tronçon.

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En 2019, M. Pannetier a annoncé à la Société d’État pour laquelle il travaillait au siège social du centre-ville qu’il devançait sa retraite qu’il avait d’abord prévu prendre en 2023 ou en 2024.

«Il y a de l’amertume, définitivement, parce que j’aimais mon travail et j’aurais continué de travailler», soutient-il.

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«Le jeu en vaut la chandelle»

Même si sa pension de retraité est «moins onéreuse» qu’il ne l’aurait souhaité, M. Pannetier est loin de regretter sa décision quatre ans plus tard.

«J’en ai tenu compte en me disant que je pouvais vivre avec ça, mais je trouve que le jeu en vaut la chandelle quand je vois ce que c’est devenu par la suite.»

Pour lui, éviter de subir le trafic qui ne s’améliore pas sur les routes de Montréal n’a pas de prix. 

Et ce «calvaire» que les usagers de la ligne Deux-Montagnes subissent en attendant le REM est beaucoup plus long que ce qu’on lui disait au départ. D’abord annoncée pour l’été 2022, sa mise en service a été reportée à plusieurs reprises et est maintenant prévue pour l’automne 2024.

«C’est une attente douloureuse et interminable. On ne sait jamais quand ça va finir.»

Compte tenu de tous les reports que le REM a subis, M. Pannetier est convaincu que le tronçon de Deux-Montagnes ne sera pas prêt pour 2024 et le manque d’explications quant aux plus récents délais qu’a subis le tronçon de la Rive-Sud n’augure rien de bon selon lui.

Rappelons que CPDQ-Infra a maintenu pendant des semaines que la mise en service de ce tronçon aurait lieu d’ici la fin du printemps. Lorsque l’été est arrivé, le promoteur a mis une semaine avant d’annoncer qu’il débutait la «marche à blanc», soit une dernière phase de tests.

«Ce qui se passe sur la Rive-Sud, c’est un reflet pour nous. On dit “report’’, mais on ne dit pas pourquoi. On aimerait ça avoir un peu plus d’informations. Je pense qu’on a un devoir d’informer les gens.»

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