Jasmin Roy dénoncé par 13 personnes pour intimidation

Photo portrait de Lydia Labbé-Roy

Lydia Labbé-Roy

2025-02-11T21:30:00Z
2025-02-11T21:37:47Z

L’animateur et conférencier Jasmin Roy, connu notamment pour son implication dans la lutte contre l’intimidation, a été qualifié «d’intimidateur» par des fonctionnaires, d’anciens membres de son entourage et du personnel politique. Des allégations réfutées «dans leur ensemble» par la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.

En tout, 13 sources ont allégué au journal Le Devoir avoir été témoins de comportements déplacés, peut-on lire dans l’enquête publiée mardi.

Des fonctionnaires ont qualifié l’homme «d’agressif» et ont décrit son comportement comme «insistant» ou «harcelant», notamment lors de processus d’octroi de subventions gouvernementales ou municipales.

Trois sources au sein du ministère de la Justice ont rapporté au Devoir que Jasmin Roy aurait envoyé «un courriel dénigrant au responsable du Bureau de lutte contre l’homophobie» et qu’il aurait «insulté l’employé par courriel».

M. Roy a reconnu, dans une entrevue au Devoir, avoir écrit un courriel «dénigrant», justifiant l’envoi du courriel parce qu’il «considérait que c’était injuste que sa demande ne soit pas acceptée».

Le conférencier a admis avoir «peut-être dépassé les limites» et indiqué qu’il «le regrette aujourd’hui».

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Remarques dégradantes

Des proches et d’anciens employés ont aussi allégué avoir été témoins de comportements «à l’inverse de ce qu’il défend».

«Il va pointer tes défauts, il met ça sous le couvert de l’humour, mais c’est déplacé et dérangeant», a déclaré au Devoir Allain Basque, un ancien collaborateur de Jasmin Roy dont la relation avec le conférencier a «pris fin l’été dernier dans un contexte acrimonieux».

La Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais et son conseil d’administration ont indiqué, dans un communiqué publié mardi, avoir «pris connaissance de l’enquête et «traiter ces allégations avec le plus grand sérieux».

«À cet effet, le conseil d’administration avait informé Le Devoir, par le biais d’une lettre officielle envoyée le 17 janvier dernier, qu’un cabinet d’avocats spécialisé en intégrité et en éthique avait été mandaté pour réaliser toutes les vérifications qui s’imposent dans les circonstances», est-il écrit dans le communiqué.

La fondation d’abstiendra, «par souci de transparence et de rigueur», de tout commentaire sur les allégations publiées dans l’article du Devoir «jusqu’à ce que le conseil d’administration ait finalisé ses travaux».

Jasmin Roy n’émettra pas non plus de commentaires pour le moment, a confirmé un porte-parole de la fondation joint au téléphone.

Sophie Desmarais, la marraine d’honneur de la fondation qui porte son nom, a quant à elle indiqué, dans une communication écrite transmise au Devoir et rapportée dans l’article publié mardi, qu’elle «nie catégoriquement» les allégations contenues dans l’enquête.

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