«Je me suis sentie humiliée» - Jocelyne Ottawa
TVA Nouvelles
Le cas de cette femme autochtone qui aurait été victime de racisme au CLSC de Joliette fait grandement réagir, surtout qu’il ne s’agit pas du premier événement du genre à se produire au sein de l’organisation du CIUSS de Lanaudière.
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Jocelyne Ottawa, 62 ans, la sœur du chef du conseil de Manawan, a accepté de parler ce qu’elle avait subi en entrevue à TVA Nouvelles.
Mme Ottawa se rendait faire soigner une blessure à un pied au CLSC vendredi dernier, lorsqu’elle aurait été confrontée à des propos inacceptables.
La dame calme, mais encore bouleversée a expliqué que l’une des infirmières concernées lui a d’abord demandé de chanter en Atikamekw.
«Une [autre] a vu mon nom dans le dossier, puis elle a dit : ‘’on va t’appeler Joyce, puis ça va être comme ça pour les intimes», rapporte Mme Ottawa.
Joyce Echaquan est cette mère autochtone de 37 ans qui est décédée sous les insultes à l’Hôpital de Joliette en septembre dernier. Elle avait filmé en direct sur Facebook de ce qu’elle subissait, permettant de savoir ce qui s’était déroulé.
Les infirmières du CLSC auraient également dit à la blague à Mme Ottawa qu’elles fouilleraient dans son cellulaire.
«Je me suis sentie humiliée et je me sentais triste un peu aussi. Je me disais que si je disais quoi que ce soit, peut-être que les soins qu’ils ne donnent ici vont s’arrêter», précise-t-elle.
Les deux infirmières qui l’auraient humiliée ont été suspendues sans solde.
Indignation
Son frère est l’un des premiers à avoir dénoncé le traitement qu’on lui avait réservé, notamment dans une publication sur Facebook.
«Elle relate qu’elle a été victime de propos dégradants, des insultes, des références à peine voilées à la situation malheureuse que Joyce a vécue à l’Hôpital de Joliette», a expliqué Paul-Émile Ottawa, son frère à TVA Nouvelles.
Le conseiller stratégique du conseil des Atikamekw de Manawan abonde dans le même sens.
«Il faut que ça arrête un moment donné parce que nos gens ne veulent plus aller se faire soigner là. C’est ça que j’entends au niveau de la communauté», soutient pour sa part Guy Niquay.
Pour le ministre des Affaires autochtones, ce qui s’est passé est tout simplement choquant.
«Non seulement c’est totalement choquant, révoltant de voir ça, de voir le genre de propos qui ont été échangés. En plus c’est tellement décevant parce qu’il y a tellement d’efforts qui sont faits présentement pour amener des changements avec de la formation qui est donnée», a expliqué le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière en entrevue sur LCN.