«Je n’ai plus rien»: une mère monoparentale subit les conséquences de la grève dans les CPE
Marianne Lachapelle
La grève dans les CPE pèse lourd sur des milliers de parents au Québec, notamment une mère monoparentale à Sherbrooke, en Estrie, qui subit les conséquences d'un tel conflit.
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Marie-Florence Hébert a deux enfants en centre de la petite enfance. Les jours de grève, elle doit les garder avec elle, elle ne travaille donc pas et ne retire aucun salaire.
«J’ai tout écoulé, je n’ai plus rien pour couvrir mes absences», a-t-elle affirmé.

Depuis le début du conflit, elle a dû s'absenter du travail cinq jours en tout, ce qui représente une perte de revenu de 35%.
«C’est très anxiogène de voir un certain montant d’argent sur ta paie et de te dire: j’annule quel paiement pour pouvoir nourrir ma famille? J’essaye de garder bonne mine, mais à l’intérieur, je suis complètement terrifiée», a-t-elle ajouté.
Comme pour plusieurs autres parents, cette mère n'a pas d'autres options pour faire garder ses enfants.
«Mon réseau est quand même très limité, surtout que je suis séparée, donc je ne peux pas solliciter mon ex-belle-famille, a expliqué Mme Hébert. J’ai mes parents, mais ils sont à Victoriaville. J’ai un copain, mais il travaille aussi pour le gouvernement. Donc, qu’est-ce que je fais si je ne peux pas faire garder mes enfants? J’ai quoi comme option? Je n’en ai pas.»

«Autant on soutient la grève, autant on n’a pas le choix de la vivre et d’être anxieux, parce que ça a un impact mental et financier», a-t-elle soufflé.
Les syndiqués affiliés à la CSN évoquent d’ailleurs la possibilité de déclencher une grève générale illimitée, le pire scénario pour la mère monoparentale.
«Une semaine, je pourrais être capable de me réorganiser, mais si ça dure trois ou quatre semaines, je vais avoir la corde au cou», a-t-elle illustré.
«J’aimerais que ça se règle rapidement et que le gouvernement comprenne que c’est un service essentiel, les CPE», a-t-elle souhaité.
Le cabinet de Sonia Lebel a déclaré que le gouvernement ne commente pas les moyens de pression. Il confirme toutefois que les discussions se poursuivent.
D'ici là, trois autres journées de grève sont prévues la semaine prochaine, du 14 au 16 avril.
Voyez le reportage complet dans la vidéo ci-dessus.