Jean-Moïse Martin en amour
Nathalie Slight
Emprise, Dumas, STAT et bientôt Indomptables... Jean-Moïse Martin enchaîne les rôles au petit écran. Souvent choisi pour incarner des méchants, il est pourtant d’une grande gentillesse dans la vie. Et s’il est comblé par son métier, il l’est aussi en amour!
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As-tu toujours su que tu désirais devenir comédien?
J’ai grandi à Sherbrooke. Mes parents n’évoluaient pas dans le milieu artistique puisque mon père était vétérinaire et ma mère, femme au foyer. Devenir acteur me semblait inaccessible. Pourtant, au secondaire, je présentais des sketches à la manière du Bye bye qui remportaient beaucoup de succès. L’été suivant ma remise de diplôme, une de mes amies un peu hippies a écrit une pièce de théâtre, que nous sommes allés présenter dans les campings un peu partout à travers le Québec.
Et c’est ce qui t’a convaincu d’étudier en théâtre?
Non. Après cet été-là, je suis retourné vivre chez mes parents. Comme je n’avais aucune idée dans quel programme m’inscrire au Cégep, ma mère m'a proposé de suivre un cours de théâtre. Eh bien, imaginez-vous qu’on m’a offert le rôle de Harlequin! Ça a définitivement allumé une petite étincelle en moi. Mais je me suis quand même inscrit au Cégep avec l’idée de devenir enseignant. Comme je suis un passionné d’histoire, je me suis dit que j’aurais du plaisir à enseigner cette matière.
Mais tu n’es pas devenu enseignant!
Non. Je ne voulais pas avoir de regret, il fallait que je vérifie si j’étais fait pour le métier de comédien. J’ai donc passé mes auditions à L’école nationale de théâtre et j’y suis entré du premier coup, à l’âge de 24 ans. J’ai appris par la suite que les professeurs avaient décelé un potentiel en moi, même si mon talent était très brut. (rires)

Tu exerces le métier de comédien aujourd’hui, mais es-tu toujours aussi passionné d’histoire?
Bien sûr! L’une de mes idoles est l’historien Laurent Turcot. Même si je n’ai jamais joué avec son amoureuse, la comédienne Émilie Bibeau, je vais leur jaser chaque fois que je les croise dans une soirée. D’ailleurs, j’ai fait une capsule YouTube avec Laurent sur la Deuxième Guerre mondiale et j’ai adoré l’expérience!

Ces derniers temps, on a pu te voir dans Emprise, Dumas et STAT, et on te verra bientôt dans Indomptables. Quel est ton secret pour jongler avec un horaire aussi atypique?
Après mes études en théâtre, j’ai décroché des deuxièmes rôles, de petites pièces de théâtre ici et là, mais je travaillais dans la restauration pour joindre les deux bouts. Ça m’a pris un bon huit ans avant d’exercer mon métier de façon continue. Même si les contrats s’enchaînent pour moi, j’ai toujours cette petite crainte que tout s’arrête du jour au lendemain. Voilà pourquoi j’aimerais avoir une autre activité, qui m’occupe lors des périodes creuses.
Outre le jeu, quels sont tes autres intérêts?
L’écriture, mais c’est quelque chose qui m’intimide, parce que mes meilleurs amis, Mani Soleymanlou, Éric Bruneau, Guillaume Cyr et Catherine Léger, sont dans la création. Il y a aussi la musique qui occupe une grande place dans ma vie. Un jour, j’aimerais auditionner pour une comédie musicale. Allier mes passions pour la musique et le jeu, ce serait vraiment génial.
En tant que comédien, quelle est ta plus belle expérience à vie?
En 2017, je suis allé présenter un show de théâtre avec Mani Soleymanlou en Europe. Pendant deux mois et demi, j’ai vécu dans un appartement à Paris. Le matin, je sortais acheter mon pain chez le boulanger avant d’aller répéter: que demander de mieux? Durant mes journées de congé, je visitais les alentours. Je rêve d’y retourner un jour, mais il y a tellement de choses que je souhaite voir de l’autre côté de l’océan que j’ignore par où commencer.
Plusieurs de tes amis comédiens jouent dans des séries télé. Es-tu quand même capable de te laisser porter par les intrigues?
Prenons Avant le crash, qui est, à mon avis, l’une des meilleures séries québécoises depuis des années. Mes amis Éric Bruneau et Mani Soleymanlou y jouent, et bien qu’ils soient d’excellents comédiens, j’ai de la difficulté à ne pas voir les mécanismes derrière les intrigues. Par contre, depuis quelques mois, je suis en amour avec une femme qui n’évolue pas dans le milieu artistique. Elle consomme beaucoup de télé québécoise et m’apporte un regard frais sur mon métier.

Lors de ta dernière entrevue dans nos pages, tu as révélé ne plus vouloir parler de ta vie amoureuse. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’idée?
J’avais pris cette décision parce que je sortais avec des actrices. Ce sont des femmes extraordinaires, pleines de vie, mais aussi très complexes. Étant moi-même un être complexe, je pensais qu’une relation devait se vivre uniquement dans l’intensité. Mais avec Catherine, c’est différent. C’est un amour doux, réconfortant. Voilà pourquoi j’ai le goût d’en parler.
Comment l’as-tu rencontré?
J’étais de la distribution de la pièce Classique(s), qu’on a présentée un jour dans une école secondaire, en après-midi, devant 800 jeunes. Ce jour-là, j’ai reconnu l’une des professeures dans la salle. Alors que j’étais sur scène à dire mes répliques, son nom m’est revenu: Catherine Phaneuf. Durant la pandémie, on avait discuté sur Instagram. Je me souvenais avoir survolé son profil et je la trouvais magnifique.
Es-tu allé la voir après la représentation?
Non, mais je lui ai écrit par la suite. Le timing était parfait, on était à la même place dans nos vies. Ah, le fameux lâcher-prise! Voilà la preuve qu’on peut trouver l’amour au moment où l’on s’y attend le moins!