Jean-Philippe Dion inspiré par France Castel
La comédienne était de passage à «Sucré Givré»
Patrick Delisle-Crevier
En octobre dernier, France Castel annonçait par l’entremise de son agence qu’elle suivait des traitements et qu’elle répondait bien à ceux-ci. Puis, silence radio: aucune nouvelle de la comédienne et chanteuse adorée du Québec. Du moins, jusqu’à ce qu’elle apparaisse pimpante et rayonnante à l’émission En direct du jour de l’An, le 31 décembre dernier. L’artiste s’est confiée à Jean-Philippe Dion dans l’épisode du 26 janvier de Sucré Givré. L’animateur nous raconte son entretien avec celle-ci, qui a eu lieu à quelques pas de sa résidence, au Manoir Saint-Sauveur.
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Jean-Philippe, que retiens-tu de ta rencontre avec France Castel?
France voulait que ce soit une entrevue le fun et lumineuse. C’était très important pour elle, car elle n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort et à montrer que ça va mal. Au contraire, elle a accepté de faire l’entrevue pour renvoyer une image positive, pour démontrer qu’il y a des gens qui s’en sortent après avoir reçu un diagnostic de cancer ou d’une autre maladie grave. La France que j’avais devant moi ce jour-là était la même qu’avant: une femme souriante, en forme, drôle, pétillante et avec le même sens de la répartie qu’à son l’habitude. Elle est arrivée toute coquette, avec son manteau de fausse fourrure et ses lunettes. Elle avait le goût de s’amuser.
Elle t’annonce qu’elle a souffert d'un lymphome de stade quatre. Comment as-tu accueilli cette nouvelle?
Je n’avais pas reçu cette information avant de la rencontrer, donc ç’a été une surprise pour moi. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que ce soit si grave. Un lymphome de stade quatre, c’est sérieux, donc j’étais sous le choc. Durant l’entretien, on comprend aussi qu’elle n’était pas certaine de vouloir se lancer dans des traitements parce qu’elle avait peur de souffrir longtemps. Ce sont des questions que tout le monde se pose après avoir reçu une nouvelle semblable. Mais heureusement, elle a suivi les traitements et son corps y a bien répondu. Ce fut un tournage très émotif. On ne le voit pas à l’écran, mais le conjoint de France, Chawky, était assis sur une petite banquette tout près de nous, et je ressentais aussi ses émotions à lui. Ç’a été un moment très émouvant pour moi.
Tu peux donc nous assurer qu’elle va bien?
Oui. Comme toute personne qui a subi de tels traitements, il y a des journées où elle a de l’énergie et d’autres où elle en a moins. Mais cette journée-là en était une belle et France est une femme extrêmement déterminée. Elle sait ce qu’elle veut, elle a une détermination sans borne et un aplomb impressionnant. Si elle s’écoutait, elle tournerait un film ou une série demain matin et elle continuerait de vivre sa vie comme si de rien n’était. Mais elle voit également cet événement comme un wake-up call. Elle est une femme de 81 ans qui a le droit de vivre et de se reposer comme n’importe quelle femme de cet âge. Elle accepte que sa carrière prendra peut-être un tournant et qu’elle passera peut-être plus de temps à la maison, à cuisiner ou à faire du tricot.
Que représente France Castel pour toi?
Honnêtement, elle est l’une des femmes que je respecte le plus dans le milieu artistique. Chaque fois que j’ai été en contact avec elle, je n’ai pas été déçu. Elle est franche et directe. J’aime ce genre de femmes très déterminées, un peu comme Sophie Lorain et France Beaudoin. Ce sont des femmes qui savent ce qu’elles ont dans le ventre et dans la tête, et j’ai beaucoup de respect pour elles. France est une personne attachante. Elle a eu une vie fascinante pour quelqu’un qui, comme moi, s’intéresse au show-business et à la culture. Elle a vécu toutes les époques et je pourrais parler avec elle pendant des heures. Elle a tout vu!
En terminant, quel genre de réflexion a-t-on en sortant d’une telle rencontre?
Vivons! C’est vraiment ça qui m’a passé par la tête. Arrêtons de se poser trop de questions et de se battre les uns avec les autres. Vivons et ayons du fun! Pendant le tournage, j’étais enrhumé et je n’ai pas annulé l’entrevue parce que c’était France Castel, et que je savais qu’elle s’était préparée pour cette journée-là. Je n’allais pas bien, mais dès le moment où nous avons fait un pédicure ensemble, ses éclats de rire m’ont énergisé. Son rire, le fun qu’elle avait, c’était juste incroyablement beau. Elle m’a fait oublier les petits tracas de ma vie.