En voyage en Ukraine: «J’étais sûr de me faire tirer !»
TVA Nouvelles
Tombé en amour avec une Ukrainienne par le biais d’un site de rencontre, Alain Mireault a choisi un bien mauvais moment pour aller lui rendre visite.
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En entrevue à l’émission Denis Lévesque, M. Mireault avoue pourtant être quelqu’un qui suit beaucoup l’actualité. Il était donc au courant des tensions qu’il y avait déjà entre la Russie et l’Ukraine au moment de se rendre auprès de son amie de cœur, à Lviv, dans l’ouest du pays.
Mais comme Alain Mireault se plait lui-même à le dire: «l’amour est plus fort que la guerre». Ce dernier a donc fait fi de la menace d’éclatement d’un conflit armé pour se rendre en Ukraine comme il l’avait planifié.
Un début de voyage agréable
«Je suis arrivé à Lviv en Ukraine le dimanche 13 février et mon amie de cœur est venue me rejoindre le lundi 14 février», relate Alain Mireault, soulignant au passage qu’il a dû surmonter plusieurs défis avant de pouvoir prendre son vol de Toronto.
Dans cette ville touristique de l’Ukraine, il avoue avoir passé de très beaux moments en présence de sa compagne. Il explique notamment avoir mangé au restaurant et fait la connaissance des enfants de son amie de cœur.
Le 17 février, M.Mireault et sa copine se sont dirigés vers les Carpates, une chaîne de montagne où ils ont pu faire du ski alpin.
Mais dès le 21 février, comme il sentait que la tension montait et que la guerre risquait d’éclater, Alain Mireault a contacté sa compagnie aérienne pour demander que son vol de retour soit devancé.
Finalement, il a pris la décision de ne pas changer sa date de retour au Canada.
«Je ne voulais pas la quitter (...) donc j’ai décidé de rester avec elle, puis on a passé de très belles vacances là-bas», raconte-t-il.
Il y est resté jusqu’au 23 février, date où il est rentré à Lviv en autocar avec son amoureuse.
Le 24 février, les bombardements commencent
Le 24 février à 7h du matin, alors que lui et sa copine dormaient dans leur chambre d’hôtel, le téléphone a sonné.
«On a comme un sixième sens, je savais que quelque chose était urgent», affirme M.Mireault qui assistait à une conversation téléphonique en langue ukrainienne, qu’il ne comprend que très peu.
Au bout du fil, la mère de sa compagne leur apprenait que Kyïv et Kharkiv avaient été attaquées par les forces russes.
«Tu te réveilles et le pays où est-ce que tu es est en train d’être bombardé, la guerre est commencée», dit-il.
Il a donc décidé de sortir du pays et de se rendre en Pologne. Il est sorti dehors attendre un taxi.
Alors qu’il attendait, une sirène de guerre a retenti.
«La sirène de guerre lorsqu’on regarde des films de guerre, tout le monde on a déjà entendu cette sirène-là. Mais lorsque tu es là pour la première fois de ta vie, mon cœur n’a jamais été aussi vite!» raconte-t-il.
Seul sur le trottoir quelques minutes pendant que son amie allait chercher sa fille qui dormait dans la chambre d’hôtel, plusieurs scénarios lui ont traversé l’esprit.
«J’étais sûr de me faire tirer!» s’exclame-t-il.
Une fois dans le taxi, il soutient avoir été retardé dans des bouchons de circulation.
Il explique aussi avoir attendu des heures pour obtenir un test COVID négatif pour embarquer dans un autobus. Il a même joué du coude pour y entrer, sous les regards de sa tendre moitié qu’il a dû laisser en hâte.
«On n’était pas dans un film», dit-il pour décrire ses au revoir.
Ensuite, il a été contraint d’attendre trois autres heures 3h à la frontière. En tout, il aura fallu 13h à Alain Mireault pour arriver en Pologne, où il se trouve toujours.
Pour voir l’intégralité de l’entrevue, visionnez la vidéo ci-dessus.