Jeux olympiques: un grand soulagement pour Laurence Vincent Lapointe
La canoéiste sera des JO après avoir surmonté plusieurs embûches


Richard Boutin
Contre vents et marées, Laurence Vincent Lapointe prendra part aux Jeux olympiques de Tokyo alors que le canoë féminin fera son entrée en scène.
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Canoë Kayak Canada (CKC) a dévoilé, mercredi, l’identité de son équipe olympique après un processus de sélection long et ardu. Au moment d’écrire ces lignes, la Fédération internationale de canoë n’avait toujours pas accordé une entrée supplémentaire au Canada, mais CKC a décidé de miser sur son plan B en attente de la réponse.
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« C’est super de vivre une journée aussi incroyable après deux années difficiles et marquées de rebondissements, a exprimé Vincent Lapointe, souriante et très émotive. Je suis soulagée d’avoir été choisie au sein de l’équipe olympique, mais je suis aussi excitée et doublement motivée à l’idée de réaliser à 29 ans mon rêve de petite fille de participer aux Jeux. J’avais des frissons quand j’ai enfilé la veste de l’équipe olympique. »
« Je suis incroyablement heureuse d’obtenir l’opportunité de marquer l’histoire pour les femmes qui feront leurs débuts en canoë à Tokyo, de poursuivre Vincent Lapointe. C’est une chance incroyable malgré toutes les embûches. »
Plan B en action
Le plan B de CKC a été de mettre en compétition trois athlètes pour déterminer laquelle des trois filles avait les meilleures chances de médaille à Tokyo en tenant compte des chronos internationaux. Vincent Lapointe et les kayakistes Courtney Scott et Lissa Bissonnette ont été chronométrées dans leur épreuve respective. Elles ont couru dans le même couloir et à un intervalle de deux à trois minutes pour s’assurer que les conditions soient identiques pour tout le monde.
Le processus a été répété le lendemain et les résultats ont été les mêmes. Les trois athlètes avaient donné leur accord sur cette façon de faire.
« Le processus de sélection a représenté un bon défi et il était important de trouver une solution équitable pour tous les athlètes tout en tenant compte des chances de succès à Tokyo », a mentionné la canoéiste de 29 ans.
Présent lors de la rencontre virtuelle de mercredi, l’avocat de CKC Adam Klevinas a apporté des explications supplémentaires. « Parce que la Fédération internationale n’a pas encore pris sa décision, il fallait établir un plan B et nous avons décidé d’évaluer les performances des trois athlètes en ayant comme critère de sélection quelle fille serait la plus près de remporter l’or au Japon. À Tokyo, Laurence va compétitionner en C-1 et en C-2 avec sa partenaire Katie Vincent. »
Bissonnette sera en action si le Canada obtient une place de plus ou réserviste dans le cas contraire. Quant à Scott, elle sera du voyage, mais agira comme réserviste, peu importe la décision.

Parcours difficile
Les embûches se sont multipliées depuis près de deux ans pour la canoéiste de Trois-Rivières. Suspension à la suite d’un contrôle positif avant le début du championnat mondial 2019, annulation des essais continentaux à deux reprises en raison de la pandémie, deuxième position aux essais nationaux en mars à Burnaby et une décision sur sa sélection qui a pris un temps fou ont pavé son chemin tortueux.
Malgré tout, l’athlète de 29 ans affirme n’avoir jamais perdu espoir. « On pourrait croire que j’ai vécu une période de doute, mais je ne me suis jamais souciée de la possibilité que je ne sois pas sélectionnée. Mon mot d’ordre était que j’allais être prête si j’obtenais ma chance d’aller aux Jeux. Je ne voulais pas perdre de temps et d’entraînement. J’aurais eu des regrets si je n’avais pas été prête physiquement et mentalement dans l’éventualité que je sois choisie. Même pendant ma suspension, j’ai toujours eu l’impression que j’irais aux Jeux. »
Objectifs élevés
Très satisfaite de sa forme, Vincent Lapointe a des objectifs élevés en C-1200. « Dans de bonnes conditions, je vise un chrono de 44 s ou moins, a-t-elle déclaré. Le record du monde est de 44 s 3. C’est fou et ambitieux comme objectif. Je suis incroyablement satisfaite de ma forme et j’ai réussi des temps très, très rapides. Si les conditions ne sont pas idéales, je veux offrir ma meilleure performance possible. Si je réussis ma meilleure course, je peux être meilleure que toutes les filles qui réussiront aussi leur meilleure course. »
En C-2 avec Katie Vincent, la Trifluvienne ne sait pas trop à quoi s’attendre. « En raison de la COVID-19, on ne fait que reprendre l’entraînement, a-t-elle indiqué. Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas entraînées ensemble. On ne peut pas se comparer contrairement au C-1 où j’ai eu la chance de vérifier où j’étais rendue. »
Vincent a battu Vincent Lapointe lors des essais olympiques en Colombie-Britannique pour confirmer sa place en C-1 aux Jeux, et elle aspire au podium à Tokyo.