Journée émotive pour le début de l'enquête publique Joyce Echaquan

Agence QMI

2021-05-14T01:40:34Z

Joyce Echaquan, dont le décès en septembre a créé une onde de choc partout au Québec, avait peur d’aller à l’hôpital parce qu’elle avait eu de mauvaises expériences dans le passé. 

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C’est ce qu’on a appris jeudi lors de la première journée des audiences publiques portant sur le décès de cette femme atikamekw de 37 ans, mère de sept enfants et grand-maman.

Le conjoint de Joyce Echaquan a confié jeudi qu’il ne savait pas comment faire son deuil. Il a dit ne pas comprendre pourquoi le personnel avait agi de la sorte. Elle ne méritait pas de finir ses jours avec des insultes et de la souffrance, a-t-il indiqué.

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Pour rappel, elle est morte en septembre au Centre hospitalier De Lanaudière, dans la région de Joliette, après avoir publié une vidéo en direct montrant des professionnelles de la santé la maltraiter et prononcer des propos racistes à son égard.

À l’automne dernier, deux employés ont été congédiés et celui qui était PDG du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière a été démis de ses fonctions.

Carol Dubé, qui partageait la vie de Joyce Echaquan depuis une vingtaine d'année, a témoigné que sa disparition a été la chose la plus tragique qu’il a vécu dans sa vie.

En après-midi, la fille de Joyce Echaquan a livré un témoignage poignant, entrecoupé de sanglots. Elle notamment raconté avoir vu la vidéo en direct et a tenté de la contacter à deux reprises avant de se présenter finalement à l’hôpital. Lorsqu’elle est arrivée sur les lieux, elle a dit avoir vu sa mère «allongée, raide et froide».

La coroner Géhane Kamel a fait preuve de beaucoup d’humanisme, saluant le courage des proches de Joyce Echaquan. À un moment donné, elle est même descendue de son siège, s’est retrouvée face à face avec Carol Dubé et lui a exprimé ses condoléances.

«On espère que cette enquête-là va aussi permettre de faire la lumière non seulement sur ce qui est arrivé à Joyce, mais également sur des enjeux davantage systémiques notamment au niveau de l’accès aux soins de santé par les communautés autochtones et le respect des droits des patients autochtones dans le système de santé», a soutenu lors d’un point de presse l’avocat de la famille, Patrick Martin-Ménard.

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CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI
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Ce dernier a anticipé que la «preuve qui va sortir dans les prochains jours va avoir une charge émotive extrêmement importante».

«Je suis comme vous, je ne sais pas encore ce qui nous attend, ce qu’on apprendra, a commenté Carol Dubé en matinée. Je vais tout écouter, tout analyser les témoignages, essayer de comprendre comme vous. C’est important et précieux de se sentir supporté. Quand tout sera fini, je vous parlerai davantage. Merci.»

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Avant le début des audiences, une cérémonie privée s’est tenue devant le palais de justice de Trois-Rivières avec des membres de la communauté atikamekw et des proches. Le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa, et le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, y étaient aussi.

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Treize jours d'audiences sont prévus au calendrier et seront étalés sur quatre semaines pour faire la lumière sur les causes et les circonstances du décès de Joyce Echaquan. Une cinquantaine de témoins doivent être entendus.

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