Julie Trépanier nous révèle ce qui l’attend cet hiver dans «Indéfendable»

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-01-23T11:05:00Z

Julie Trépanier a eu une belle et longue carrière avant d’obtenir le rôle de Me Kim Nolin dans Indéfendable, rôle qui lui a permis de se faire largement connaître du public québécois. Avec une jeunesse passée de Trois-Rivières à Vancouver, Julie a toujours rêvé de jouer en français dans sa province, et c’est maintenant chose faite. Une grande fierté pour elle.

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Tu interprètes Me Kim Nolin depuis trois saisons dans Indéfendable. Qu’est-ce que ça représente pour toi de participer à un projet aussi important?

C’est un grand privilège d’avoir ce rôle et de vivre cette aventure. La quotidienne est un format particulier, parce que les gens sont avec nous du lundi au jeudi. On sent vraiment qu’on fait partie de leur routine et ils ont l’impression de nous connaître intimement. C’est une forme d’attachement différente des autres projets que j’ai faits, et c’est un vrai cadeau du ciel. Kim me permet de vivre des choses que je ne me permettrais peut-être pas dans ma vie.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

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En jouant dans une quotidienne, est-ce qu’on s’attache plus à son personnage?

Kim est une femme que j’admire, droite dans ses valeurs et profondément humaine. Je pense que j’ai une chaleur et une ambition professionnelle qui lui ressemblent. Après, elle a des forces que je n’ai pas, et ça me fait du bien de vivre ces aspects-là d’elle. Dans la vie, je suis très sensible, et la charge émotive avec laquelle les gens viennent me parler me happe vraiment. Je suis toujours un peu chamboulée et émue parce que, quand je fais mon épicerie, je reste Julie. Mais je comprends que Kim signifie quelque chose pour eux. On m’associe beaucoup à ce rôle en ce moment, et elle aura toujours une place particulière dans ma carrière.

Cette grande sensibilité t’aide-t-elle à mieux incarner tes personnages?

Je pense que oui. J’étais très jeune quand j’ai choisi le jeu et, inconsciemment, ça me permet, dans un cadre sécuritaire, de vivre des émotions réelles que je ne pourrais pas me permettre au quotidien. Je suis émotive, mais j’ai besoin de stabilité; je n’aime pas que ma vie soit dramatique. Le jeu est mon exutoire. Je suis cependant capable de me détacher de mes émotions à la fin d’un tournage. C’est essentiel de rester professionnelle; peu importe ce qui arrive à la maison, j’arrive prête, et vice versa.

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Qu’est-ce qui s’en vient pour Kim à l’hiver 2026?

Le cabinet a été éprouvé avec le procès de Léo, son absence et toute l’incertitude autour de ça. L’opération Mr Big, très dangereuse pour Claude (Nathalie Madore) et Maxime (Mathieu Baron), a aussi laissé des traces. On verra les répercussions de tout ce stress sur la santé émotionnelle, mentale et physique de l’équipe. Kim, encore une fois, tient le fort. Maintenant associée, son côté plus maternel s’est développé, et elle continue à prendre les bouchées doubles pour son équipe. De nouveaux cas très intéressants l’attendent, et elle prend toujours plus de galon au sein du cabinet.

Après trois saisons, as-tu créé des liens plus forts avec certains collègues?

Michel Laperrière est impossible à ne pas aimer! Il est drôle, gentil et cultivé. J’aime beaucoup les scènes avec les Couronnes ou les enquêteurs, qu’on voit moins souvent. Récemment, j’ai joué un procès avec Marilyse Bourke et Marilou Morin, et c’était des niaiseries toute la journée. Elles sont devenues de bonnes amies. Cette année, on ira d’ailleurs un peu plus loin dans la vie de Me Cadet (Marilyse Bourke), ce que j’adore. Maxim Roy est aussi quelqu’un avec qui je m’entends très bien... mais j’aime toute l’équipe!

Est-ce qu’il y a des choses qui t’ont surprise ou que tu as apprises de notre système de justice dans les dernières années?

Quand tu joues, tu veux comprendre ce que tu dis. Entre l’annonce du rôle et le début des tournages, j’ai passé beaucoup de temps au Palais de justice de Montréal. Ça m’a permis d’apprendre énormément, de mieux comprendre les nouvelles et de réaliser l’ampleur du travail à chaque étape. Je pense que j’aurais pu recevoir l’appel pour défendre des gens. J’aurais eu le cœur et la rigueur pour être criminaliste.

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Dominic Gouin / TVA Publications
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Tu avais déjà une carrière avant Indéfendable, notamment en anglais, grâce à Vancouver. Sens-tu un changement depuis que tu interprètes Kim?

Cette année, plus particulièrement, les gens m’abordent beaucoup plus. Mon personnage est maintenant bien établi. J’ai aussi beaucoup plus d’invitations pour des entrevues et des jeux télé. Je me fais des amis et des contacts. Il y a définitivement un avant et un après Indéfendable.

Comment était-ce de partir de Trois-Rivières pour Vancouver à seulement 17 ans?

Ma mère a obtenu un emploi et j’ai dû la suivre. Au début, c’était un énorme apprentissage: parler anglais et me faire des amis. Avec le recul, devenir une minorité linguistique et culturelle, je crois que c’est une expérience que tout le monde devrait vivre. J’étais dans une école très diversifiée où on célébrait le ramadan, et j’ai énormément appris sur plusieurs cultures. Ça m’a donné de l’audace et de la débrouillardise. Puisque j’avais traversé ça, je pouvais affronter beaucoup de choses.

Dominic Gouin / TVA Publications
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Est-ce ce déménagement qui t’a poussée vers une carrière en jeu?

J’étais en coulisse, dans le noir, et en attendant mon tour, j’avais très mal au cœur. Quand je suis arrivée sur la scène et que j’ai commencé à dire mes répliques, je me suis rendu compte que les gens m’écoutaient, que je pouvais leur faire vivre des émotions et que j’étais en contrôle de ce que je leur faisais vivre. J'ai tellement senti quelque chose de fort que j'ai tout de suite su que ça allait être ma vie. Je n'ai jamais eu de plan B. M’expatrier m’a donné l’audace de persévérer. Même si j’avais étudié en anglais, j’ai choisi de faire carrière en français, ici, au Québec, sans avoir aucun contact. Je partais de zéro, mais je suis tellement heureuse de l’avoir fait.

Outre le jeu et le théâtre musical, tu as aussi suivi des formations, dont une en Espagne sur le jeu clownesque. Qu’est-ce qui t’attire dans cette discipline?

J’ai eu un vrai coup de foudre à l’école de théâtre. Je ne suis pas très extravertie au premier abord, mais avec mes amis, je suis très drôle. L’humour occupe une grande place dans ma vie, et j’aimerais un jour l’explorer dans un rôle. Le clownesque, c’est la chose la plus difficile. Tout le monde casse, mais quand tu comprends, c’est incomparable. Dans ce cours, j’avais complètement figé, je ne savais pas quoi faire. Un professeur m’a dit de juste aller improviser dans une classe et de trouver mon personnage. C’est ce que j’ai fait et j’ai eu une grosse piqûre. C’est exigeant, très précis et magnifique, parce qu’on rit de sa part d’ombre. C’est profondément libérateur.

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Tu as déménagé récemment. Comment trouves-tu ton nouveau chez-toi?

Je suis toujours sur l’île de Montréal, mais j’ai maintenant un jardin. Je me suis beaucoup amusée à faire pousser des légumes cet été. C’est agréable de s’installer dans un endroit où l’on sait qu’on restera longtemps. On plante des graines, mon conjoint et moi, littéralement et métaphoriquement.

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