«Juste Xavier»: Stéphane E. Roy signe un film de Noël drôle et touchant sur la réalité trans
Le film sera en salle dès le 12 décembre
Alicia Bélanger-Bolduc
Stéphane E. Roy est scénariste, réalisateur et comédien. Son dernier projet prendra l’affiche dès le 12 décembre, juste à temps pour le temps des fêtes, avec le film rassembleur Juste Xavier.
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Quelle est l’histoire de Juste Xavier?
C’est l’histoire de Xavier, un homme transgenre qui revient dans sa famille le soir de Noël après trois ans d’absence. La dernière fois qu’il l’avait vue, une chicane avait éclaté et il avait coupé les ponts. Cette fois-ci, il revient transformé, avec sa transition complétée. On aborde donc l’accueil de sa famille, qui tente de s’adapter à cette nouvelle réalité. Xavier arrive avec sa copine, qui ne sait pas qu’il est né femme, et il demande à sa famille de rester discrète à ce sujet. On assiste à tout ce qui peut survenir lors d’une soirée familiale chargée d’émotions. J’ai créé ce projet avec Christiane Vien.
Pourquoi avoir voulu aborder le thème de la transidentité?
Le sujet est rassembleur dans la manière dont nous l’avons intégré au film. Je voulais montrer que, parfois, les gens sont de bonne foi, qu’ils veulent accepter l’autre, mais qu’ils ne sont pas toujours équipés pour bien le faire. Ils font réellement de leur mieux. Cela permet de voir les deux côtés: celui de la personne trans, épanouie, qui tente de se faire accepter par sa famille, et celui de gens attachés à une personne qui n’existe plus et à leurs traditions. C’est un film rassembleur, car toute la famille apprend tranquillement à gérer ce changement, bénéfique pour Xavier, et c’est ce qui importe.
Le film comporte aussi une très belle distribution!
Il était primordial pour nous d’avoir un personnage principal réellement transgenre. Alexis Comte est incroyablement mature devant la caméra, surtout pour quelqu’un qui n’avait jamais joué auparavant. Il a aussi agi comme consultant sur le scénario afin de s’assurer que nous brossions un portrait juste et respectueux. Sinon, quel bonheur d’avoir Rémy Girard et France Castel dans les rôles des parents, deux idoles pour moi. Isabelle Blais et Alexandre Goyette ont accepté immédiatement, et leurs personnages sont magnifiques. Nous tournions souvent de nuit, et tout le monde a fait preuve d’une grande patience et d’un bel esprit d’équipe. Chloé Barshee a été trouvée lors d’un casting, et la chimie avec Alexis a été instantanée, ce qui était idéal puisqu’elle interprète son amoureuse.

Et pourquoi en faire un film de Noël?
L’idée de départ de Christiane était un souper du temps des fêtes; j’ai simplement poursuivi cette voie. Chaque année, un nouveau film de Noël québécois prend l’affiche, et je me disais qu’on pourrait contribuer à cette nouvelle tradition. La joie, la compréhension et l’amour du prochain étaient au cœur de notre intention, et le contexte du temps des fêtes s’y prêtait parfaitement.
À quoi ressemblera ton temps des fêtes?
Pour moi, les traditions sont essentielles. Quand je voyage, j’aime m’intégrer aux coutumes locales. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. J’ai vu ces traditions se transmettre dans ma famille, et c’est maintenant à mon tour de la passer à mes enfants, qui ont 22 et 20 ans. Encore cette année, nous placerons l’étoile au sommet du sapin et ils se disputaient déjà pour savoir à qui c’est le tour. Mon temps des fêtes change chaque année puisque je suis séparé: on fête soit le 24, soit le 25. On célèbre avec mes trois frères, mes neveux et mes nièces. Maintenant que je suis nouvellement fiancé, ma conjointe se joint à nos célébrations.

Parle-nous justement de ta fiancée...
Depuis ma séparation de la mère de mes enfants, en 2018, je craignais l’engagement. À 47 ans, je ne voyais plus de raison de chercher le grand amour. J’ai rencontré Nathalie sur Facebook et nous avons officialisé notre couple il y a quatre mois. J’étais vraiment amoureux et je me suis dit: «Go, fais la grande demande». Je sentais que j’étais prêt. Je lui ai demandé de m’épouser dans un restaurant, juste après la projection du film au Festival de Rouyn, en Abitibi, en présence de l’équipe. Nous pensons officialiser l’union d’ici un an. Il y a beaucoup de choses à organiser: elle habite à Sherbrooke, donc elle déménagera en premier. Nous avons des idées, mais rien de concret pour l’instant.
Quels sont les autres projets qui t’attendent?
Ma pièce Si Dieu le veut sera en tournée partout au Québec cet été. C’est un théâtre documentaire qui explore les liens insoupçonnés entre la lutte et la religion. Je serai sur scène avec Amélie Grenier et Martin Laroque. Ils sont extraordinaires. Ils ont été brièvement un couple récemment, mais ils travaillent ensemble à merveille. Ça n’affecte en aucun point la pièce.