Justin Trudeau camoufle son inaction sous la Charte

AFP

«Tout citoyen canadien a le droit de demeurer au Canada, d’y entrer ou d’en sortir.» Justin Trudeau cite l’article 6(1) de la Charte canadienne des droits et libertés pour justifier son inaction envers les voyageurs durant la pandémie. Ses ministres le répètent comme un mantra qui neutraliserait les questions sur des mesures à prendre pour que cessent les voyages.  

Des mesures exceptionnelles s’imposent

Nous vivons une période tragique qui exige des mesures exceptionnelles et temporaires. Pour surmonter l’urgence sanitaire, jusqu’à ce que les Canadiens qui souhaitent recevoir le vaccin l’obtiennent, le gouvernement fédéral doit interdire les voyages à l’étranger et imposer la quarantaine, à l’hôtel et à leurs frais, à ceux qui entrent au pays. Ceci vaut d’autant plus que des variants sud-Africain, anglais et résilien plus contagieux du coronavirus se propagent actuellement. 

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Puisque l’article auquel le premier ministre se réfère ne vise que les citoyens, il aurait déjà dû agir quant aux autres, en leur interdisant l’entrée au pays. Aussi, il aurait déjà pu obliger les citoyens qui rentrent à s’isoler en vertu de la Loi sur la quarantaine au lieu de pelleter ses responsabilités aux réseaux de santé provinciaux. 

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Pendant ce temps, les hôpitaux québécois atteignent le seuil critique de la rupture de soins. Les intensivistes et les urgentologues ont préparé des protocoles pour trier qui mourra ou vivra quand les lits et les respirateurs seront en nombre insuffisant. En mars, cela fera un an que les médecins annulent des chirurgies. 

Droits et libertés

Serait-il donc tabou de douter de l’interprétation du premier ministre canadien à l’égard de la Charte? Le culte des libéraux fédéraux pour la constitution mérite une précision : ce n’est pas un pacte de suicide. En effet, des modalités concrétisent l’application des droits et libertés qu’elle protège, car ils ne sont pas absolus. Des limitations sont raisonnablement justifiables dans une société libre et démocratique. 

Par exemple, des lois sur la radiodiffusion et les télécommunications balisent la liberté d’expression. Des règles sur la diffamation restreignent aussi cette liberté. La Cour suprême considère légitime l’obligation de prédominance du français dans l’affichage à l’extérieur des commerces au Québec, ce qui restreint également la liberté d’expression. Les municipalités interdisant l’accès aux parcs la nuit compromettent la liberté des noctambules qui veulent s’y réunir. Voilà quatre entorses à des libertés fondamentales. 

Encore, l’objet fétiche de Justin Trudeau garantit le droit de vote à tous les citoyens. Mais aux élections, seuls ceux qui ont atteint 18 ans peuvent l’exercer et certains le perdent quand ils sont déclarés coupables de manœuvres électorales frauduleuses. En outre, la limitation de vitesse, les voies à sens unique et les interdictions de virage à certains croisements laminent la liberté de circuler comme bon nous semble. On peut multiplier les exemples. 

Les incantations de Justin Trudeau à la Charte révèlent son incapacité à justifier ses prétentions mondialistes durant la pandémie. Elles illustrent son retard à agir sur le plan sanitaire comme si la santé financière des transporteurs aériens primait sur celle des citoyens. 

Photo courtoisie
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Sébastien Bouthillier, Juriste

Val-David

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