«J’y vais surtout pour les palmiers, la plage et le sable»: des Québécois s’envolent vers Cuba malgré les pénuries qui s’abattent sur le pays
Marianne Lafleur
Les pénuries qui frappent de plein fouet Cuba n’empêchent pas d’irréductibles Québécois de s’envoler vers leur destination chouchou.
«Je ne suis pas difficile. J’y vais surtout pour les palmiers, la plage, le sable [qui] est assez beau et j’aime me promener à la mer», lance Louise Adams, une résidente de Valleyfield rencontrée à l’aéroport Montréal-Trudeau ce samedi.
Elle s’apprêtait alors à s’envoler vers Varadero, avec sa sœur Josée, tout comme plusieurs autres Québécois qui attendaient en ligne pour enregistrer leurs bagages.

Mercredi, le gouvernement canadien a invité les voyageurs qui souhaitaient se rendre sur cette île des Caraïbes à «une grande prudence» à cause de l’aggravation du manque d’électricité, de carburant et de produits de première nécessité, notamment de nourriture, d’eau et de médicaments.
Malgré tout, les voyageurs abordés par le Journal affichaient un calme rassurant, même s’ils assuraient être bien au courant de la situation.
«On n’est pas difficile, donc on est capable de faire avec pas gros», affirme Élizabeth Dubuc, entourée de quatre autres amis.

Des voyageurs «pas exigeants»
Ces pénuries affectent fortement le tourisme à Cuba, de sorte que des vacanciers québécois ont même dû être relogés après la fermeture sans préavis de leur hôtel qui avait un taux d’occupation trop faible.
Au moins huit hôtels de Cayo Santa Maria, Cayo Coco, Varadero et Holguin sont touchés par cette mesure
«On a choisi un très bon hôtel de 4 étoiles et demie avec une génératrice. Mon frère et ma belle-sœur sont déjà là et ils ne manquent de rien bien qu’il fasse un peu froid», assure Yves Cadieux au Journal, persuadé qu’il n’y aura pas de problème.
Celui qui ne compte plus ses voyages à Varadero se réjouissait également de savoir que la chaleur et le beau temps réapparaîtront à Cuba dans les prochains jours.

Sa femme Danielle Raymond était du même avis. «Ça ne nous dérange pas. On n’est pas tellement exigeants», affirme-t-elle, faisant référence à la nourriture qui pourrait être de moins bonne qualité.
Elle affirme se rendre à Cuba principalement pour «faire le vide», se baigner et aller se promener.
Mesures d’urgence
Certains vols prévus dans les prochaines semaines ont aussi été annulés.
«Ce n’est pas facile actuellement à Cuba et des clients nous appellent pour exprimer leur inquiétude. Certains annulent au dernier moment pour ne pas être pris sans vol de retour», a expliqué Matthieu Wallace, directeur de l’agence Matthieu Cuba Resort, de Trois-Rivières.
Le gouvernement cubain a annoncé vendredi un lot de mesures d’urgence dans les domaines de l’éducation, du travail et du transport pour faire face à la crise énergétique que traverse le pays sous la pression des États-Unis.
Ces pressions «nous poussent à appliquer un ensemble de décisions, en premier lieu pour assurer la vie de notre pays, les services de base, sans renoncer au développement», a déclaré le vice-premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga, à la télévision d’État.