Corée du Nord: la soeur de M. Kim critique les propos d’une ministre sud-coréenne sur le virus

Photo d'archives, AFP

AFP

2020-12-09T04:55:00Z
2020-12-09T04:57:14Z

La soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a qualifié la ministre des affaires étrangères de Corée du Sud d’«impudente», cette dernière ayant émis des doutes sur l’absence de tout cas de coronavirus dans le pays, ont rapporté mercredi les médias officiels.

Pyongyang, qui a fermé ses frontières dès janvier pour prévenir tout risque de contamination, n’a eu de cesse de répéter qu’aucune personne porteuse du Covid-19 n’a été recensée.

Une affirmation réitérée en octobre par M. Kim à l’occasion d’un défilé militaire géant.

Une version dont doutent les experts alors même que le virus est apparu dans la Chine voisine, son principal partenaire commercial et soutien.

Lors d’un forum à Bahreïn, la ministre sud-coréenne des Affaires étrangères, Kang Kyung-wha, a déclaré samedi qu’il était «difficile de croire» que le Nord n’a enregistré aucun cas de coronavirus.

Elle a également précisé que Pyongyang n’a pas répondu à la proposition de Séoul de l’aider à lutter contre l’épidémie.

La pandémie «a rendu la Corée du Nord encore plus nord-coréenne, c’est-à dire (un pays) avec un processus décisionnel plus fermé, hiérarchisé qui laisse peu de place au débat concernant les mesures en lien avec le Covid-19», a ajouté Mme Kang.

«Tout indique que le régime se concentre très intensément sur la lutte contre la maladie qu’ils disent ne pas avoir».

Kim Yo Jong, la soeur cadette du leader nord-coréen a condamné ces propos dans une déclaration publiée mercredi par l’agence officielle KCNA, les qualifiant d’«impudents» et l’accusant de chercher à détériorer les relations déjà tendues entre les deux pays.

«On peut voir à travers ses remarques irréfléchies qu’elle ne soucie pas des conséquences et qu’elle désire trop refroidir davantage les relations déjà gelées entre le Nord et le Sud de la Corée», a déclaré Mme Kim.

«Nous n’oublierons jamais ses paroles et elle pourrait le payer très cher».

Les relations Nord-Sud n’ont cessé de se dégrader dans la foulée du fiasco du deuxième sommet entre le président américain Donald Trump et M. Kim, en février 2019 à Hanoï.

En juin, Pyongyang a détruit le bureau de liaison intercoréen situé sur son sol qui était un des symboles de la détente sur la péninsule, affirmant n’avoir aucun intérêt à négocier.

Le Nord n’a pas non plus encore commenté l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis, et les médias officiels n’ont pas non plus fait état du résultat du scrutin.

Le président élu avait qualifié pendant sa campagne M. Kim de «voyou».

Publicité