La biographe de Chrystia Freeland ne serait pas surprise qu’elle se lance dans la course

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Photo portrait de Raphaël Pirro

Raphaël Pirro

2024-12-20T05:00:00Z

Le leadership de Justin Trudeau est plus fragile que jamais après que son bras droit, Chrystia Freeland, a claqué la porte du Cabinet de manière spectaculaire lundi.  

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«J’ai été aussi flabbergastée que tout le monde. Je ne m’attendais pas à ce que ça se termine de cette façon étant donné ce que je sais de leur relation», explique la journaliste Catherine Tsalikis, autrice de la biographie non autorisée Chrystia, qui paraît en librairie aujourd’hui, en avance de deux mois sur sa date de sortie initiale. Le Journal a obtenu une copie de ce livre qui retrace le parcours de cette improbable politicienne surdouée, depuis sa jeunesse sur une ferme en Alberta jusqu’au sommet du pouvoir à Ottawa.

Elle pourrait se lancer... éventuellement

Sur les 130 personnes rencontrées lors de l’écriture de son bouquin – incluant des membres de sa famille et des collègues aux quatre coins du monde –, personne n’a entendu Chrystia Freeland exprimer le désir de devenir un jour première ministre, rapporte l’autrice. «Si c’est bien ce qu’elle veut, elle l’a gardé secret de tout le monde, même de sa sœur!» Cela dit, Catherine Tsalikis ne serait pas surprise si elle faisait le saut... éventuellement. Peut-être que les dizaines de libéraux qui voulaient des photos d’elle au party de Noël du parti, mardi, la feront changer d’idée.

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Une surdouée

Le livre est très flatteur à l’endroit de Chrystia Freeland. Mais son parcours impressionnant parle de lui-même: née sur une ferme du nord de l’Alberta de deux parents avocats, la femme de 56 ans était une boulimique de lecture dès son plus jeune âge. Des années plus tard, elle étudie entre autres à Harvard et à Oxford. Dans sa vingtaine, elle cumule des rôles importants dans des journaux internationaux, dont un passage remarqué à la tête du bureau du Financial Times à Moscou à l’âge de 25 ans.

Les apparences, trop peu pour elle

Le livre fait état d’une femme qui se soucie surtout des idées – et qui n’a que faire de son apparence. Les gens qui l’ont entourée depuis son entrée en politique ont compris avec le temps qu’il ne valait pas la peine d’insister, malgré leurs efforts pour la mettre en valeur. «Je pense qu’elle déteste le fait d’avoir un corps et qu’elle déteste doublement le fait qu’en tant que femme, elle doive avoir une certaine apparence», raconte un ancien bras droit, Ben Bergen. Sa maison, parfois bordélique, n’est pas décorée à la dernière mode, sa garde-robe est simple et elle ne suit pas du tout les dernières tendances dans la culture populaire. Elle n’est pas matinale et préfère travailler jusqu’à tard en soirée.

Une loyauté payante

Justin Trudeau a rencontré Chrystia Freeland à une soirée pour le lancement de son livre Plutocrats. Les deux, «d’âge similaire et tous deux parents de jeunes enfants, se sont tout de suite bien entendus». Le premier ministre la nommera éventuellement vice-première ministre et ministre des Finances, notamment en raison de sa loyauté. Mais son assurance a parfois été perçue comme de la condescendance par des collègues du Cabinet. «Il peut y avoir beaucoup de personnes chiantes en politique. Elle n’aime pas avoir affaire à ces personnes et elle ne le cache pas très bien», explique une source gouvernementale dans le bouquin.

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