La vague de chaleur demeurera jusqu’à jeudi
Montréal a battu un record vieux de 105 ans samedi après-midi avec un thermomètre affichant 35 degrés Celsius

Clara Loiseau
Des records de chaleur datant de 1916 ont été fracassés au centre-ville de Montréal quand le mercure a atteint jusqu’à 35 degrés Celsius samedi après-midi au cours d’une deuxième journée caniculaire consécutive.
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« Il n’a jamais fait aussi chaud à Montréal pour un 21 août. [...] C’est une chaleur spectaculaire qui touche tout le Québec, parce que plusieurs villes battent des records de chaleur », soutient le météorologue de Météomédia, Félix Biron.
Samedi, la métropole québécoise a enregistré des températures allant jusqu’à 35 °C au centre-ville et un humidex de 42, selon les données d’Environnement Canada.
Le précédent record remontre à 1916, quand le thermomètre avait atteint 33,3 °C.

À cette époque d’ailleurs, Montréal avait aussi été frappée par une canicule qui avait duré au moins quatre jours, d’après les données récoltées à la station McTavish, au centre-ville, il y a 105 ans.
Mais les fortes températures amènent avec elles un autre record.
« Si on dépasse encore les 30 degrés [dimanche], ce sera la première fois depuis au moins 1970 qu’on aurait deux canicules au mois d’août à Montréal », ajoute M. Biron, qui prévient que la vague de chaleur devrait s’étendre jusqu’à jeudi.
Pas de canicule à Québec
De son côté, Québec a évité de peu la canicule samedi puisqu’il a fait un maximum de 29,4 °C, samedi après-midi.
Toutefois, un indice humidex de 40 a été atteint.
Outre pour Montréal et Québec, Environnement Canada a émis samedi des avertissements de chaleur pour la Montérégie, les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue, l’Estrie, la Beauce, Drummondville et l’Outaouais.
Et c’est sans compter qu’il n’y a pas eu beaucoup de précipitations, notamment à Montréal, au cours du mois d’août (voir autre texte ci-bas).
Mais c’est à Val-d’Or que la sécheresse est encore plus impressionnante puisqu’il y a eu seulement 2 mm de pluie comparativement à 94 mm, analyse M. Biron.
Changement climatique
Pour le professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement de l’Université du Québec à Montréal, Sebastian Weissenberger, il va falloir s’habituer à ce genre de température.
« Les saisons chaudes deviennent de plus en plus longues avec les années », explique-t-il.
Fin de mois torride et chaud début de septembre
AGENCE QMI
La vague de chaleur ne ralentira pas au Québec et le facteur humidex devrait atteindre 40 degrés Celsius ou s’en approcher pendant encore quelques jours.
Les températures de 38 à 40 °C enregistrées aux États-Unis, vendredi, pourraient se répercuter au Québec au cours de la prochaine semaine, selon le météorologue Gilles Brien.
Plusieurs phénomènes météorologiques sont responsables de cette chaleur intense, a expliqué le spécialiste, samedi, dans une entrevue accordée à TVA nouvelles.
Par exemple, le vent du sud qui longera la côte est des États-Unis amènera l’air chaud de la Floride vers le Québec.
De plus, la sécheresse qui touche les Prairies gagne la Belle Province.
Sécheresse et ouragans
Déjà, le mois d’août s’est avéré très sec, considérant qu’à peine seulement 18 millimètres de pluie sont tombés à Montréal.
« En moyenne, on devrait en avoir 60 millimètres à partir de ce temps-ci », a mis en contexte le météorologue.
Finalement, les restants de la tempête tropicale Fred et la menace des ouragans Henri et Grace, qui proviennent tous de l’océan Atlantique, risquent également de déborder sur le Québec.
Avec des vents allant désormais jusqu’à 120 km/h, Henri, un ouragan de catégorie 1, doit atteindre dimanche les côtes américaines à Long Island, près de New York, ou atteindre un peu plus au nord la Nouvelle-Angleterre.
Pour sa part, l’ouragan Grace a perdu de sa puissance en touchant terre samedi sur la côte est du Mexique et a été rétrogradé en tempête tropicale.
Un Bel Automne
M. Brien avance que les températures à la hausse continueront d’être au rendez-vous au début de septembre.
« D’habitude, quand le mois d’août est très chaud, comme c’est le cas cette année, ça va déborder en septembre », a-t-il expliqué.
Pour le météorologue, il est clair que les Québécois devront s’habituer à cette nouvelle réalité climatique.
– Avec l’AFP
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