La CAQ impose «le supplice de la goutte» aux jeunes sportifs, dit le PLQ

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Stéphanie Martin

2021-02-04T21:13:53Z
2021-02-05T15:48:36Z

La CAQ fait subir «le supplice de la goutte» aux parents et aux jeunes en cachant les raisons pour lesquelles elle a décidé de ne pas déconfiner les sports d’équipe, estiment les libéraux.

Le député libéral et ex-hockeyeur professionnel Enrico Ciccone est déçu de l’attitude de la ministre déléguée et ancienne athlète olympique Isabelle Charest. Il l’accuse de «manquer d’empathie». «La ministre Charest, on ne l’entend pas et on ne la voit pas. [...] Les parents ne comprennent pas pourquoi ces décisions sont prises. Ils voient leurs enfants en détresse, qui décrochent, qui sont anxieux.» 

Dans Le Journal, jeudi, les fédérations sportives pressaient le gouvernement de donner le feu vert à la pratique sportive, même limitée, pour le bien-être des jeunes. 

Avis de la Santé publique

M. Ciccone demande que l'on puisse consulter les avis de la Santé publique qui justifient le maintien du confinement dans le sport organisé. Sans cela, il est impossible, selon lui, de comprendre la décision du gouvernement. Les fédérations et les associations ont pourtant relevé le défi haut la main, l’été dernier, grâce à des protocoles qui ont permis de limiter les éclosions, rappelle le député de Marquette. 

«Je veux savoir combien de coups de poings sur la table la ministre a donnés pour défendre sa gang», a-t-il dit, ajoutant que les jeunes et les parents de sportifs ont besoin d’être rassurés et encouragés. 

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«Que ce soit pour les parents, les jeunes athlètes ou les fédérations, on est dans le principe du supplice de la goutte. J’aimerais entendre la ministre parler, avoir cette sensibilité d’encourager les jeunes ou de leur donner des alternatives.» 

Le cabinet de la ministre Isabelle Charest n’avait pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.  

Du côté du cabinet de la ministre Isabelle Charest, la porte-parole Alice Bergeron rappelle que «dès le 8 février, pour les régions en rouge, ce sera possible de pratiquer l’ensemble des activités sportives à 4 personnes en extérieur, en respectant le deux mètres. Par exemple, un entraîneur de hockey pourrait réunir des jeunes à l’extérieur pour les faire pratiquer des jeux d’habileté, passes, etc.» On rappelle que la situation sera réévaluée dans deux semaines. 

«La ministre continue ses discussions avec les partenaires du milieu du sport ainsi que la santé publique, et demeure à l’affût de toute opportunité qui permet de donner davantage de liberté aux sportifs, en toute sécurité.»

Centres commerciaux vs sport

En Chambre, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a été questionné par la députée péquiste Méganne Perry Mélançon. «Quels sont les avis qui stipulent qu’il est plus sécuritaire d’ouvrir les centres d’achat, mais pas de permettre à des jeunes de pratiquer un sport organisé?» 

Le ministre n’a pas voulu donner de date pour le retour au sport. Il a cependant axé son intervention sur le sport-études, alors que la demande des fédérations concerne l’ensemble des sports organisés au Québec. «On doit être très prudents, parce que, si on ferme les écoles, il n'y en a pas, de sport-études.» 

«Le ministre, on dirait qu’il ne comprend pas la différence. C’est pas tout le monde qui fait du sport-études!» a réagi Enrico Ciccone.  

Patinoires

Certains craignent que les municipalités choisissent de fermer des patinoires, en raison de l’incertitude qui plane sur le sport. Pour l’instant, à la Ville de Québec, tous les arénas avec glaces intérieures sont actuellement ouverts et utilisés pour les programmes scolaires, qui représentent l’exception dans le décret gouvernemental, a indiqué le porte-parole de la Ville David O’Brien. «Leur opération continue donc comme à l’habitude, vu que les glaces sont utilisées.» 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

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