Déconfinement de la culture: une confiance encore à rebâtir

Toutes les salles rouvriront à 100% de capacité le 14 mars

Salles de spectacles et cinémas peuvent voir la lumière au bout du tunnel. Mais les mesures sanitaires, comme le passeport vaccinal et le port du masque, demeureront en vigueur au moins jusqu’en mars.
Salles de spectacles et cinémas peuvent voir la lumière au bout du tunnel. Mais les mesures sanitaires, comme le passeport vaccinal et le port du masque, demeureront en vigueur au moins jusqu’en mars. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Cédric Bélanger

Cédric Bélanger

2022-02-09T01:50:53Z
2022-02-09T14:30:14Z

Le confinement culturel tire finalement à sa fin. À compter du 28 février, les salles de spectacles et les cinémas n’auront plus de limites de spectateurs, à l’exception du Centre Bell et du Centre Vidéotron qui devront opérer à 50 % de leur capacité jusqu’au 14 mars, a annoncé le premier ministre François Legault.

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Le port du masque et le passeport vaccinal demeureront en vigueur au moins jusqu’à la mi-mars, a cependant indiqué le ministre de la Santé, Christian Dubé.

C’est quand même un grand soupir de soulagement pour tout le milieu de la culture. « Nous avons la prévisibilité qu’on recherchait », se réjouit le vice-président concerts et événements chez evenko, Nick Farkas.

Terminés, donc, les reports et annulations qui ont marqué les dernières semaines. Le Centre Bell et le Centre Vidéotron pourront présenter les concerts à guichets fermés de Luke Combs et Imagine Dragons, en mars et avril, en plus de planifier la programmation des prochains mois.

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Il était temps. Il devenait difficile, depuis le retour en confinement, de convaincre les artistes internationaux d’ajouter le Québec à leur itinéraire de tournée.

« J’ai eu des textos de Los Angeles, de New York. Des agents nous ont appelés aussitôt qu’ils l’ont su. Je dirais que la confiance est revenue », affirme Nick Farkas.

Confiance à rebâtir

Or, même si leurs portes seront bientôt grandes ouvertes, les salles de spectacles ne sont pas sorties du bois. Il faudra beaucoup de temps, estime-t-on, pour rebâtir le lien de confiance avec une clientèle échaudée par le yoyo des fermetures et réouvertures.

« Après deux ans, ce sera un défi de ramener la fréquentation des salles dans le quotidien des gens », croit le président du conseil d’administration de RIDEAU, David Laferrière.

L’aide du gouvernement sera essentielle, disent les diffuseurs. « La vente de billets est très difficile et les remboursements pour les spectacles annulés ou reportés ont été un autre coup dur », signale le propriétaire de l’Olympia de Montréal, Patrick Lévy.

Au ministère de la Culture, on confirme que la mesure d’aide pour compenser les billets non vendus sera en vigueur jusqu’au 31 mars. En parallèle, la ministre Nathalie Roy travaille avec le milieu des arts à la confection d’un plan de relance.

Cinéma : à temps pour la relâche

Dans les cinémas, le retour à 100 % ne pouvait mieux tomber, juste à temps pour la semaine de relâche de mars, l’une des trois périodes fastes de l’année avec les Fêtes et les vacances de la construction.

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Le président de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec, Éric Bouchard, croit que les cinéphiles seront au rendez-vous.

« Quand on a fermé en décembre, on s’approchait de la fréquentation d’avant la pandémie. Hier (lundi), c’était une journée intéressante. On ne sautera pas aux conclusions, mais on peut penser qu’on ne recommence pas à zéro. »

– Avec la collaboration de Raphaël Gendron-Martin 

Les dates importantes   

  • 14 février : la limite pour les spectacles extérieurs passe à 5000 personnes.    
  • 21 février : la limite de 500 personnes dans les salles de spectacles saute, mais la règle de 50 %
    de la capacité totale est maintenue.    
  • 28 février : les cinémas et les salles de spectacles, sauf le Centre Bell et le Centre Vidéotron, peuvent opérer à 100 % de leur capacité.    
  • 14 mars : retour des concerts dans les salles avec places debout, et le Centre Bell et le Centre Vidéotron n’ont plus de limite de spectateurs. Les événements extérieurs peuvent aussi se tenir au maximum de leur capacité.         

Des réactions mitigées  

« On peut monter une programmation comme avant, mettre nos billets en vente, se voir sur les Plaines, dehors, sans limites de capacité. Dans notre imaginaire collectif, c’est quelque chose qu’on avait de la difficulté à visualiser. C’est assez, wow ! »

– Anne Hudon, directrice générale du Festival d’été de Québec

« Nous continuerons de travailler avec le gouvernement pour que nos besoins soient bien compris, à court et à long terme. La relance posera de grands défis au milieu de la musique, particulièrement aux artistes de la relève et à ceux œuvrant dans des créneaux de niche. »

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– Ève Paré, directrice générale de l’ADISQ

« Il faut encourager les gens à reprendre le chemin des salles et réserver leurs places. C’est un travail à faire, car, depuis un moment, avec toutes les indécisions et la peur colportée, les ventes sont au ralenti. »

– Bernard Caza, président-directeur général du Vieux Clocher de Magog

« En faisant sauter les mesures, je pense que ça va rassurer tout le milieu. Ce sera probablement beaucoup plus facile de programmer des artistes internationaux. »

– Patrick Kearney, directeur général du festival Santa Teresa et fondateur du REFRAIN

« On ne va pas crier victoire une fois de plus parce qu’on a fait suffisamment d’allers-retours et de cha-cha, mais je trouve que c’est une belle journée »

– Jacques Primeau, directeur de Spectra

« Pour notre main-d’œuvre, on a maintenant une date où ils vont pouvoir recommencer à travailler. Est-ce qu’ils seront encore là ou se sont-ils trouvé un autre emploi ? On ne le sait pas. »

– Michel Sabourin, propriétaire du Club Soda

« On s’y attendait, mais pas aussi tôt. Nous allons pouvoir planifier notre saison du printemps à pleine capacité. Ça va permettre à tout le monde de respirer un peu. »

– Steve Labrie, directeur général du Théâtre Le Diamant

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